• Auteur

    Il y a quelque chose d’assez étrange, et finalement assez amusant, dans le fait d’avoir écrit un livre et de se retrouver, presque sans l’avoir vraiment cherché, rangé dans cette catégorie qu’on appelle « auteur », comme si le mot s’était posé là pendant que je regardais ailleurs.

    Parfois, presque par jeu et par simple curiosité, je tape mon nom sur Google pour voir ce qui apparaît, et voir surgir “Eric Hardy, auteur” me fait toujours sourire. Pas par orgueil, ni par besoin de reconnaissance, mais plutôt par ce léger décalage entre ce mot un peu officiel et la manière très simple dont tout cela est arrivé. Le terme est là, posé comme une évidence, alors que de l’intérieur l’histoire reste beaucoup plus ordinaire.

    Car en réalité, je ne me suis pas assis un jour en me disant que j’allais écrire un livre. Il n’y a pas eu de décision nette, pas de plan, pas de moment précis que je pourrais dater. Il y a simplement eu un moment où ne pas écrire est devenu plus inconfortable que de s’y mettre. Et aujourd’hui, tandis qu’un deuxième livre touche presque à sa fin, je me rends compte que je ne me suis toujours pas décidé à devenir quoi que ce soit.

    Et c’est sans doute pour cela que je souris encore lorsque je vois ce mot apparaître quelque part.

    Parce qu’écrire un livre est une chose sérieuse, évidemment. On y met du temps, de l’attention, parfois des doutes, et toujours une part de soi, avant de le laisser partir faire son chemin.

    Mais ce n’est pas une raison pour se prendre au sérieux.

    À croire que Google l’avait compris avant moi.

  • Ne me jugez pas

    Je n’ai pas le sentiment d’avoir été jugé, bien au contraire, car j’ai le plus souvent reçu de la bienveillance, de l’écoute et parfois même des marques de soutien qui m’ont porté plus que je ne saurais le dire.

    Et pourtant, il me semble important d’écrire ces lignes, non pas pour répondre à un reproche qui n’a pas été formulé, mais pour m’adresser à ceux qui, peut-être, ont pensé certaines choses sans les dire, par pudeur, par respect ou par difficulté à trouver les mots justes.

    Quand on accompagne quelqu’un dans la maladie, on ne fait pas ce qui serait idéal dans l’absolu, on fait ce qui est possible, à un instant donné, avec l’énergie que l’on a, avec les informations dont on dispose et avec ce que l’on est capable de porter émotionnellement.

    Avec le recul, certaines décisions peuvent sembler simples, presque évidentes, mais dans le temps réel, lorsque tout se joue jour après jour, rien n’est aussi clair, et l’on avance souvent à tâtons, en ajustant sans cesse, en doutant beaucoup, tout en continuant malgré tout.

    L’amour, dans ces moments-là, ne se prouve pas par des gestes spectaculaires ou des choix parfaits, mais par une présence constante, parfois discrète, parfois fatiguée, qui n’a pas besoin d’être visible pour être sincère.

    Ce que j’ai fait pour Evelyne, je l’ai fait avec engagement, avec honnêteté et avec mes limites, sans chercher à être exemplaire, mais simplement à être là, du mieux possible, dans une situation qui ne laisse jamais vraiment de place aux certitudes.

    Je n’écris pas pour être jugé ni pour être approuvé, mais pour déposer cela, simplement, en me disant que certaines expériences n’appellent ni commentaire ni interprétation, seulement une forme de respect, celui qui laisse chacun à sa place et les histoires là où elles ont été vécues.

  • On tue nos campagnes.

    On nous présente le Mercosur comme une grande réussite du commerce international, alors qu’en réalité cet accord met encore un peu plus en danger des agriculteurs déjà au bord du gouffre. On leur impose toujours plus de normes, de règles environnementales et de charges, pendant qu’on ouvre grand nos frontières à des produits venus de l’autre bout du monde, issus de modèles agricoles qui n’ont rien à voir avec le nôtre. Ce n’est pas du commerce équitable, c’est une mise en concurrence destructrice.

    On demande aux producteurs français d’être irréprochables, mais on importe massivement de la viande, du soja ou des céréales cultivés avec des produits interdits chez nous, dans des exploitations géantes où la main-d’œuvre est sous-payée et les contrôles quasi inexistants. Ces produits traversent la planète sans que personne ne s’inquiète vraiment de leur impact écologique. On reproche aux agriculteurs français leur empreinte carbone, tout en encourageant des importations qui parcourent des milliers de kilomètres.

    Il y a aussi une hypocrisie collective qu’il faut regarder en face. Beaucoup disent aimer le local et la qualité, mais continuent à privilégier quelques centimes d’économie au moment de passer à la caisse. On ne peut pas dire soutenir l’agriculture française et remplir son panier avec des produits importés qui détruisent nos fermes.

    Pendant le COVID, on était pourtant bien contents de les trouver. Bien contents de compter sur eux quand les rayons se vidaient et que les frontières se fermaient. On parlait alors de souveraineté alimentaire, d’agriculture de proximité et de circuits courts. Puis la crise passée, on est revenus à nos habitudes, comme si ces agriculteurs n’avaient été qu’une solution provisoire.

    Les agriculteurs n’ont plus le temps d’attendre que les décisions viennent d’en haut. L’Etat, Bruxelles ou la grande distribution ne changeront pas un système qui profite aux plus puissants. La reprise en main doit venir du terrain, par la vente directe, la transformation locale, les marchés et les magasins de producteurs. La valeur doit revenir à ceux qui travaillent.

    Et nous, consommateurs, avons un pouvoir immense. Acheter local, payer un prix juste, refuser ce modèle absurde qui fait venir de l’autre bout du monde ce que nos agriculteurs produisent ici. À nous de montrer que nous voulons que nos agriculteurs puissent vivre de leur travail.

    Si c’est une utopie, alors je choisis de la défendre. Parce qu’elle montre qu’un autre chemin est encore possible.

  • Le temps de voir venir

    Je ne pensais pas, et je n’avais pas prévu, que l’après serait aussi difficile, parce que je croyais que le plus dur était passé. Et puis il y a ces moments très simples en apparence où je me mets à trier les papiers, rien de particulier, et pourtant ça me fait quelque chose.

    Je sais qu’Évelyne ne se résume pas à des factures ou à des courriers, mais ces papiers racontent une vie normale, des démarches, des rendez-vous, des choses à régler, et quand je les range ou que je les jette, j’ai parfois l’impression de fermer une porte sur une part de notre histoire.

    Pour l’instant, je n’ai pas touché au reste. Je n’ai pas trié ses vêtements, je n’ai pas ouvert ses boîtes à bijoux, et je sens déjà que ce sera une autre étape.

    Alors je me pose une question, est-ce qu’il faut faire ça vite, ou est-ce qu’il faut laisser du temps, puisqu’il n’y a pas d’urgence.

    En vérité, il n’y a pas d’urgence, parce que je pense rester dans la maison pour le moment. Je ne suis pas pressé, alors je prends le temps de voir venir.

    Je découvre que le deuil, ce n’est pas seulement la peine, c’est aussi une suite de petits moments, un tiroir qu’on ouvre, une pile de papiers sur une table, un carton qu’on commence puis qu’on laisse de côté, et parfois ça suffit pour que je m’arrête et que je referme tout.

    Au fond, la question n’est pas vraiment “vite” ou “lentement”, la question c’est est-ce que je suis prêt.

    Et je ne suis pas sûr qu’on soit prêt d’un coup, je crois qu’on avance petit à petit, on fait un peu puis on s’arrête, on revient plus tard, on se donne du courage puis on remet à demain.

    Alors je commence par les papiers, parce que c’est ce qui me semble le moins difficile, et pourtant ça l’est déjà, et je sais que le jour où je toucherai à ses vêtements, à ses bijoux, ce sera une étape différente.

    Pour l’instant, j’essaie simplement de respecter mon rythme et de ne pas me juger.

  • A vous pour 2026

    Je vous souhaite une très belle année 2026, pleine de santé, de joie et de paix.

    Que cette nouvelle année vous apporte de bons moments, la réussite dans vos projets et de la sérénité au quotidien.

    Merci pour votre présence, votre attention et les liens que nous partageons.

    Bonne année 2026 à vous et à ceux qui vous sont proches.

    Eric

  • « Ça va. Oui ça va… »

    Après les premiers jours, on comprend que le deuil ne se vit pas seulement dans le silence ou la solitude, il se glisse aussi dans les échanges, dans les regards, dans les phrases que l’on prononce presque machinalement. Il y a ce que l’on ressent, et puis il y a ce que l’on montre.

    Il y a ces moments où l’on fait semblant d’aller bien, pas par mensonge ni pour tromper, mais parce que c’est plus simple ainsi. On répond que ça va, on sourit, on continue la conversation comme si rien n’avait vraiment changé, c’est une manière de tenir, de traverser certaines situations sans avoir à tout expliquer.

    Parfois, faire semblant sert à protéger les autres, éviter d’alourdir, de ramener la douleur là où elle n’est pas attendue, là où elle pourrait mettre mal à l’aise. Parfois, c’est pour se protéger soi-même, pour ne pas ouvrir une porte dont on ne saurait plus comment la refermer, car tout dire, tout le temps, demanderait une énergie que l’on n’a pas toujours.

    Et pourtant, le deuil avance, même quand on ne le montre pas. Les pensées reviennent, ce que l’on aurait pu faire autrement, ce que l’on aurait pu dire, ce que l’on aurait voulu apporter en plus. On sait, au fond, que l’on a fait de son mieux, mais le doute trouve toujours un passage, il ne s’impose pas, il accompagne.

    On se refait le film, on repasse les moments, les décisions, les silences aussi, on cherche ce qui aurait pu soulager davantage, rendre les choses un peu moins lourdes, même si l’on sait que l’on ne pouvait pas tout porter. Cette lucidité n’efface pas le questionnement, elle vit avec lui.

    Peut-être que le deuil est cela, un chemin lent, souvent solitaire, où l’on apprend à vivre avec l’absence sans chercher à l’expliquer ni à la résoudre, avancer sans réponse, avec ce manque, en gardant un lien autrement, sans tenter de le réparer ni de le retenir, simplement en laissant une place à ce qui a compté.

    Alors oui, je dis que ça va, et c’est ma façon de continuer.

  • Commencer 2026

    Avant de tourner la page de cette année, j’avais envie de m’arrêter un instant pour dire merci à celles et ceux qui lisent ces lignes, lecteurs fidèles ou nouveaux venus. Vous êtes de plus en plus nombreux et cette présence donne du sens à cette écriture qui s’est installée au fil du temps.

    Ces mots continueront d’être partagés ici, pour dire les choses simplement, comme elles viennent. L’écriture a commencé avec Le bon grain et l’ivraie et elle se poursuit aujourd’hui avec un nouveau livre.

    Cette année se termine d’une manière que je n’avais pas prévue puisque mon épouse Évelyne est décédée le 17 décembre, et les fêtes de fin d’année se dérouleront autrement, dans un temps marqué par les cérémonies.

    La vie continue et il faut avancer, l’après commence ainsi, sans attendre, parce que la vie suit son cours.

    Nous traversons collectivement une période lourde, marquée par beaucoup d’inquiétudes et de tensions. Dans ce contexte, je crois plus que jamais à l’importance de la solidarité, non pas celle que l’on évoque dans les discours, mais celle que l’on vit au quotidien, à travers l’écoute, le respect de l’autre et des échanges simples et humains.

    Les relations humaines sont précieuses. Elles demandent de l’attention, de la présence et parfois du courage. Elles sont aussi ce qui nous permet de tenir quand tout vacille autour de nous.

    Je vous souhaite une belle année à venir, une année où l’on prendra soin les uns des autres, une année où l’on n’oubliera pas que derrière chaque visage et chaque histoire, il y a une humanité qui compte. Je vous remercie pour votre présence.

  • Silences partagés

    Ce moment-là, si bref et si fragile, m’a rappelé que nos vies tiennent parfois dans un simple regard. Là où les gestes sont simples, presque routiniers, il arrive que quelque chose s’ouvre et que l’émotion apparaisse, sans prévenir. Dans le quotidien du soin, on imagine souvent que tout se déroule mécaniquement, comme une succession d’actes, de protocoles et de précautions. Mais parfois, au détour d’un instant, l’humanité déborde.

    Ce midi, une jeune femme du service d’aide à domicile est venue pour changer la protection d’Évelyne, lui donner ses médicaments, vérifier que tout allait bien. Des gestes répétés des dizaines de fois dans sa journée, des gestes qui pourraient sembler anodins, mais qui, ici, prennent une autre dimension.

    Elle travaillait en silence, concentrée, avec cette forme de respect tranquille qui ne cherche pas à s’imposer. Évelyne était fatiguée, plus encore que d’habitude, et je l’aidais à boire un peu d’eau.

    Au moment de partir, elle s’est arrêtée près de moi. Elle ne parlait pas, mais je sentais qu’elle voulait dire quelque chose. Son regard s’est posé sur le geste simple avec lequel j’aidais Évelyne à boire, et j’ai vu ce regard se troubler, se remplir d’une émotion trop forte pour être contenue. Ses yeux se sont embués. Puis, d’une voix fragile, elle m’a dit : « Excusez-moi… la situation me trouble. »

    Il y avait dans cette phrase une vérité nue, désarmante. Elle ne cherchait pas à se protéger derrière son rôle, ni à se cacher derrière un masque professionnel. Elle disait simplement ce que son cœur ressentait. Peut-être un face-à-face avec la vulnérabilité d’une inconnue, et peut-être aussi quelque chose en miroir d’elle-même.

    J’ai senti mes propres larmes monter, comme un écho immédiat. Mais je les ai retenues, non par pudeur, mais pour ne pas la déstabiliser davantage. Je crois que si mes larmes avaient coulé, les siennes auraient suivi.

    Elle m’a salué, presque timidement, puis elle est sortie. La porte à peine refermée, j’ai imaginé qu’elle s’était peut-être laissée aller, là dehors, dans la rue où personne ne la verrait.

    Ce moment-là m’a touché par sa délicatesse, presque transparente, qui dit beaucoup du poids que chacun porte en silence.

    Même dans les moments les plus fragiles, un simple regard peut nous rappeler que nous ne sommes pas seuls.

  • A chacun son tour

    Un jour, une amie qui traversait une période difficile m’a raconté un moment de sa vie qui m’a touché. Elle m’a expliqué que son père avait signé son acte de naissance et que, bien des années plus tard, c’était elle qui avait signé son acte de décès. Elle ne cherchait pas à émouvoir et parlait avec cette sincérité que l’on entend chez ceux qui ont déjà traversé l’épreuve et qui ont appris à vivre avec.

    Pendant qu’elle parlait, je sentais combien cette expérience l’avait changée. Elle avait accompagné son père dans ses derniers instants, comme il l’avait accueillie dans les premiers moments de sa vie, et ce renversement prenait forme dans un simple geste, il avait choisi sa première tenue et elle avait choisi celle qu’il porterait pour la dernière fois. Elle avait compris, ce jour-là, que même ceux que l’on croit solides finissent par s’appuyer sur nous.

    Ses mots ne m’ont pas quitté et, avec le temps, j’ai compris que la vie nous apprend à avancer autrement. Ce qu’un parent fait pour son enfant, l’enfant le rend parfois plus tard, avec la même délicatesse et la même inquiétude. Cette amie ne parlait pas de tristesse, mais d’un passage et d’un lien qui continue autrement. Elle avait saisi que l’essentiel n’est pas dans les mots, mais dans la présence.

    En l’écoutant, je me suis surpris à faire le lien avec ce que je vivais auprès d’Évelyne. Je ne pensais pas que son récit m’accompagnerait autant, mais il m’a servi de repère dans des moments où je manquais de réponses. J’ai compris que l’accompagnement n’est pas une performance, mais une manière d’être là, sans chercher à retenir la vie, simplement en offrant ce que l’on peut.

    Auprès d’Évelyne, j’ai découvert que les petites choses comptent vraiment, un verre d’eau, une couverture ajustée, un mot doux ou un silence partagé, autant de gestes simples qui apaisent et rappellent où se trouve ce qui compte vraiment. Avec le temps, j’ai compris que marcher aux côtés de ceux que l’on aime est sans doute l’une des formes d’amour les plus justes, une présence qui ne retient rien, mais qui accompagne aussi loin que la vie le permet.

    Ce que l’on retient, finalement, ce n’est pas le temps passé, mais la manière dont on a su être là.

  • Le frigo et moi

    Je le dis souvent en plaisantant et pourtant c’est vrai. Mon pire ennemi n’est ni le stress, ni le travail, ni même la fatigue. Mon véritable adversaire, c’est le réfrigérateur. Ce bloc blanc posé dans la cuisine, qui n’a rien de menaçant, devient soudain la première chose vers laquelle je me tourne dès que mon esprit n’a plus rien à faire. Il m’attire comme un aimant, comme une tentation permanente, comme un réflexe que je ne contrôle même plus.

    Je suis hyperactif, surtout dans ma tête, et mon esprit refuse le vide. Il cherche toujours une idée, un projet, quelque chose à organiser, et dès que je m’arrête quelques secondes, quelque chose se met en mouvement dans ma tête et je marche presque automatiquement vers le frigo. C’est devenu un rituel, j’ouvre, je regarde, je referme, puis deux minutes plus tard j’y retourne, comme si un miracle avait pu se produire en mon absence. Rien n’a changé, mais cela ne m’empêche jamais d’aller vérifier.

    Je ne vais pas au frigo par faim, je le sais très bien. J’y vais par ennui, par réflexe. Il est devenu le symbole parfait de ces instants où mon esprit décroche et cherche désespérément une petite action pour m’occuper.

    Pourquoi lui. Parce qu’il est à portée de main, parce qu’il offre une distraction immédiate, parce qu’il donne l’impression de faire quelque chose alors qu’en réalité je fuis simplement l’ennui. L’hyperactivité mentale ne fait pas toujours de bruit, elle se glisse aussi dans ces gestes minuscules qui remplissent le vide et évitent l’immobilité.

    À force d’aller vérifier si quelque chose a mystérieusement changé dans le frigo, je finis par comprendre ce que cela dit de moi. J’ai besoin d’être stimulé, engagé, mobilisé. Sans direction, mon énergie part dans tous les sens et l’ennui devient une sorte d’alarme intérieure qui me pousse à bouger.

    J’en ris beaucoup, et heureusement, mais j’apprends aussi à apprivoiser ces moments de calme, à accepter l’inactivité sans m’agiter, et parfois, lorsque je referme le frigo sans rien prendre, j’ai presque l’impression d’avoir gagné une petite victoire, modeste mais satisfaisante.

    Le frigo restera sûrement mon adversaire le plus fidèle, toujours prêt à me provoquer, mais moi aussi j’avance, j’apprends, je me connais mieux, et il m’arrive maintenant de sourire en refermant la porte, comme si je venais de gagner une petite bataille.

  • Merci pour tout

    À vous, qui entrez chaque jour dans l’intimité de vies fragilisées, à vous qui portez des corps fatigués, des esprits inquiets et des quotidiens incertains, je veux dire merci. 

    Merci pour ce que vous faites, mais surtout pour la manière dont vous le faites.

    Car ce que vous accomplissez dépasse largement un geste professionnel. Vous ne soignez pas seulement des corps, vous accompagnez des êtres humains dans ce qu’ils ont de plus vulnérable, de plus fragile. Vous êtes là lorsque la dignité vacille, lorsque la peur s’installe, lorsque l’avenir se rétrécit. Vous êtes présents dans ces moments où chaque mot compte, où chaque geste apaise un peu ce que la maladie bouscule.

    Depuis le retour d’Évelyne à la maison, votre présence a transformé notre quotidien. Vous êtes devenus des repères, des visages familiers, des présences rassurantes dans un environnement bouleversé. Aides-soignantes, auxiliaires de vie, infirmières, intervenants, chaque jour vous entrez chez nous avec une douceur qui fait du bien.

    Je vous ai vus parler avec délicatesse, toucher avec respect, agir avec une précision mêlée de patience et d’humanité. Votre seule présence suffit souvent à la rassurer.

    Et puis il y a notre aide ménagère, qui fait bien plus que son travail, sans jamais compter son temps ni mesurer son engagement. Ses gestes dépassent le cadre d’un contrat, portés par une vraie attention.

    On parle souvent de pénurie, de fatigue, de conditions difficiles. Tout cela est réel. Mais on parle trop peu de votre courage, de votre bienveillance, de votre capacité à rester humains.

    En tant qu’aidant, je connais la solitude, l’épuisement, la peur de mal faire. Et aujourd’hui, grâce à vous, je respire à nouveau. Je me sens soutenu, entouré, soulagé. Je me surprends même parfois un peu perdu dans l’organisation, parce que je suis moins sollicité. Mais cette perte de repères est en réalité une libération. C’est la preuve que vous prenez soin d’elle… et, indirectement, que vous prenez soin de moi aussi. Vous accompagnez l’aidée, mais vous soutenez aussi l’aidant. Et cela change tout.

    Alors, à vous toutes et tous, Merci. 

    Merci pour Évelyne, et pour chaque personne que vous accompagnez chaque jour avec tant de cœur et de professionnalisme.

  • Riez… ou devenez chiant

    Il fut un temps où l’on riait plus librement, pas juste un petit sourire en coin mais un vrai rire, celui qui fait pleurer de joie, qui vous rassemble autour d’une blague ou d’un geste absurde. On riait de tout, de nous-mêmes, des autres, des clichés, des situations idiotes. Des accents, des religions, des blondes, des chauves, des curés, des étrangers, des Belges… Personne n’était épargné et c’était justement ce qui nous rassemblait.

    On se moquait, oui, mais ensemble, sans méchanceté ni arrière-pensée, avec respect et complicité. C’était une façon de dire qu’on était différents mais capables d’en rire. Différents mais unis. Personne ne criait au scandale, on savait faire la différence entre humour et haine, on avait du recul, un peu d’intelligence et surtout cette légèreté qui rend la vie plus agréable.

    Aujourd’hui, tout devient grave, tout est pris au pied de la lettre. Une blague et c’est le drame, une moquerie et certains se figent comme si on venait de commettre un crime. Il ne faut plus rire de ci ni de ça, il ne faut plus rien dire, plus rien oser. Il faut rentrer dans le rang, marcher au pas.

    À force de se prendre au sérieux, ces gens-là deviennent quoi exactement ? Des êtres rigides, tristes, enfermés dans leurs principes, persuadés d’être moralement supérieurs. Des gens qui ont oublié qu’on peut aimer quelqu’un et en rire, qu’on peut se charrier sans mépriser. À force de vouloir tout moraliser, ils en deviennent cons et chiants, persuadés d’avoir toujours raison.

    Et pourtant, ce rire qui dérange parfois, ce rire qui bouscule un peu, c’est lui qui rassemble. Même dans la douleur, la maladie, le chaos, tant qu’on peut encore se marrer, rien n’est complètement perdu.

    Alors oui, on va continuer à rire, même si ça fait grincer les bien-pensants. Parce qu’un rire qui dérange vaut toujours mieux qu’une société qui ferme sa gueule.

  • SUR LA ROUTE / Jacqueline / RENCONTRE

    Certaines rencontres marquent une vie.
    Jacqueline en fait partie.

    Je suis heureux qu’elle est acceptée de participer au projet SUR LA ROUTE, heureux de partager un peu de son histoire avec vous.

  • Apprendre à laisser partir

    Aujourd’hui, mardi 28 octobre, j’ai traversé une étape difficile. Je suis allé rendre visite à Évelyne, hospitalisée à Bretonneau, dans le service de pneumologie suite à une infection pulmonaire. Elle délire, les mots s’échappent, les repères se brouillent… mais elle me reconnaît encore. Et cette reconnaissance, même fragile, me touche profondément. Je ne peux m’empêcher de me demander jusqu’à quand.

    Les médecins tâtonnent. Ils cherchent à comprendre ce qui se passe. Son corps ne supporte plus la morphine, ce qui accentue la douleur. Ils évoquent aussi la possibilité d’une petite hémorragie cérébrale, qui expliquerait ses délires, cette perte de cohérence. J’écoute, j’essaie de suivre, mais au fond je sens bien que nous sommes arrivés à ce moment où la médecine atteint ses limites.

    À la fin de l’entretien, Évelyne voulait absolument rentrer à la maison. Elle me regardait avec cette intensité qui serre le cœur. “On rentre, hein ?” m’a-t-elle dit. Comment lui répondre sans la blesser ? Comment lui dire que sa maison, pour l’instant, c’est ici ? Ces instants-là, on ne s’y habitue jamais. Ils vous traversent, vous arrachent quelque chose à l’intérieur.

    Dans le couloir, la gorge serrée, j’ai parlé au médecin. J’ai dit qu’il ne fallait plus d’acharnement, qu’il serait peut-être temps de la laisser partir, tout simplement. Il m’a répondu calmement que l’euthanasie n’était pas autorisée. Oui, je le sais. Mais la sédation existe, elle, pour apaiser, pour accompagner sans prolonger inutilement la souffrance.

    Une équipe de soins palliatifs doit venir donner son avis. Ce sera la prochaine étape. La dernière, peut-être.

    J’ai compris ce que je pressentais depuis longtemps, que l’amour, parfois, demande le courage de laisser cesser la lutte et de choisir la paix, même quand une partie de nous voudrait encore retenir la vie.

  • Je suis vieux. Et alors ?

    Il y a des mots qu’on préfère éviter, qu’on enveloppe pour ne pas déranger. “Vieillard”, par exemple. Ce mot enferme, il fait penser à la fin, il fait peur, même à ceux qui ne sont pas encore concernés. Alors on invente des formules comme “troisième âge”, “senior”, “personne âgée”, comme si ça changeait quelque chose, comme si ces détours pouvaient faire oublier ce que le miroir finit toujours par nous dire.

    Mais le vrai problème, ce n’est pas le mot, c’est ce qu’il renvoie. Vieillir, changer, ralentir un peu, perdre en force peut-être, mais pas en valeur. Dans une société obsédée par la vitesse, la jeunesse et l’apparence, dire les choses telles qu’elles sont est devenu un acte de courage.

    Alors je le dis sans détour : je suis vieux, et alors. Je n’ai pas besoin de maquiller le mot. Je l’accepte. Il fait partie de moi, il raconte mon chemin. J’ai vécu, j’ai aimé, j’ai appris et je suis encore debout. Je ne suis pas un ancien qu’on range dans un coin. Je suis là, avec mes souvenirs, mes projets, mes envies, mes colères aussi.

    Le mot “vieux” ne me dérange pas. Il ne me définit pas, il me situe. Il dit mon âge, pas ma fin. On peut être vieux et libre, vieux et utile, vieux et plein de vie. Ce n’est pas une plainte ni une provocation, c’est une vérité tranquille, une manière de dire je suis encore là, je n’ai rien à prouver, je ne demande rien, je ne fais plus semblant.

    Je suis vieux, et j’en suis fier. On n’a plus besoin de séduire, plus besoin de courir, et quel soulagement, au fond, de pouvoir simplement être soi. Alors non, je ne suis pas un vieillard. Je suis vieux, et je suis vivant.

    Et si d’autres ressentent la même chose, qu’ils le disent avec moi, qu’ils le disent fort. Nous, les vieux, on est là. Et on ne laissera plus personne parler à notre place.

  • Trop tard pour attendre

    Oui, tout s’accélère. Le climat déraille, les terres se perdent, les fermes ferment, les jeunes s’éloignent. Et pourtant, il serait trop facile de conclure que tout est perdu, car ce n’est pas la fin de l’histoire, peut-être juste le moment d’en écrire une autre.

    On pourrait imaginer un monde agricole moins grand mais plus vivant, moins dépendant mais plus relié, avec des fermes plus petites, plus nombreuses, plus diversifiées. Non pas des usines à ciel ouvert, mais des lieux de vie, capables de nourrir, de transmettre, d’accueillir, des lieux à échelle humaine, adaptés à leur territoire.

    Ces petites exploitations, on les croit dépassées, pourtant elles pourraient suffire, suffire à nourrir un village, à créer du lien, à redonner du sens, à réconcilier l’agriculture avec la société, avec l’écologie, avec les humains.

    On pourrait rêver d’une agriculture locale et enracinée, avec des circuits courts sans folklore, des produits simples et accessibles, des enfants qui découvrent la terre, des anciens qui transmettent un savoir, des jeunes qui choisissent de s’installer, non par obligation mais par conviction.

    On pourrait aussi rêver d’un autre rythme, avec moins de pression, moins d’endettement, moins de normes absurdes, et davantage d’imagination, de biodiversité, de liberté, de l’espace pour les plantes oubliées, les espèces locales, les arbres, les haies, les mares, pour tout ce qui résiste au temps.

    Il ne s’agit pas de revenir en arrière ni de tout changer, mais de penser autrement, de croire que ce qui est petit peut être solide, que ce qui est local peut être suffisant, que ce qui est humble peut être durable.

    Rien ne changera dehors tant que nous resterons immobiles à l’intérieur.

    Peut-être que cela commence ici, dans ce mouvement discret vers ce qui redevient possible.

  • Silence, on magouille

    En France, à chaque élection, tout s’arrête. Comme si le pays entier entrait en hibernation à la seule perspective de choisir ses représentants. Des mois avant et des mois après, tout se fige. Pendant ce temps, ceux qui travaillent, entreprennent et veulent construire n’ont plus personne en face pour avancer.

    On nous répète que c’est normal, qu’il faut attendre de connaître le nouveau paysage politique. Mais derrière cette attente, il y a des vies en suspens, des projets qui piétinent, des emplois qui ne se créent pas et des besoins urgents qui restent sans réponse.

    Les deux années qui viennent seront les plus longues. De six mois avant les élections municipales de 2026 jusqu’à six mois après la présidentielle de 2027, rien ne bougera. Tout sera absorbé par les stratégies, les calculs de carrière, les petits arrangements entre amis, les postes négociés, les trahisons en douce. Les priorités réelles passeront au second plan, et la vie réelle, elle, sera encore reléguée au fond du tiroir.

    Deux ans, c’est une éternité quand des villages se vident, quand des familles s’épuisent, quand des soignants débordés n’arrivent plus à faire face, quand des agriculteurs étouffent sous les charges et quand des entrepreneurs n’attendent qu’un geste pour se lancer.

    Ne rien faire n’est pas de la prudence, c’est un choix. Un choix politique qui détourne le regard, qui laisse pourrir les situations, qui repousse sans cesse des décisions vitales. Un choix qui consiste à protéger ses proches, verrouiller ses réseaux, et garder les dossiers au chaud pour le bon moment.

    Cette inertie n’est pas un simple retard, c’est une démission. Elle révèle une absence de courage, une peur d’agir qui devient une trahison envers ceux qui attendent des mesures concrètes. Pendant que l’on calcule dans les couloirs et que l’on négocie dans les bureaux, la vie s’abîme sur le terrain et le sentiment d’abandon devient rage.

    Le bon moment, c’est maintenant. Pas dans deux ans. Pas après les urnes et leurs promesses recyclées. Gouverner, ce n’est pas attendre, c’est agir.

    Pendant que la République joue à se faire élire, la France réelle, elle, continue de tomber.

  • Quand le corps prend la parole

    Il arrive que certaines douleurs surviennent sans qu’il y ait eu une chute, un faux mouvement ou une cause apparente. Elles s’installent discrètement, puis deviennent présentes, insistantes, comme un signal que l’on ne comprend pas tout de suite.

    Cela peut être un torticolis, une douleur dans le bas du dos, une tension dans la nuque, une boule dans la gorge ou une oppression dans la poitrine. Et si ces douleurs n’étaient pas simplement physiques, mais le reflet silencieux de ce que nous vivons sans parvenir à l’exprimer autrement ?

    Dans le tourbillon du quotidien, où chacun essaie de tout gérer, de rester debout quoi qu’il arrive, d’encaisser sans broncher, on oublie souvent que le corps, lui, n’a pas appris à tricher. Il enregistre nos angoisses, nos colères, nos peurs, nos tristesses, et lorsque le trop-plein est atteint, il parle. Il parle à travers une douleur persistante, un blocage soudain, une fatigue qui ne passe pas, et il nous rappelle que l’on ne peut pas tout contenir indéfiniment sans que cela laisse des traces.

    Nos expressions les plus populaires en disent long : on dit « qu’on en a plein le dos », « que quelque chose nous prend la tête », « qu’on a la boule au ventre » ou « que notre cœur est serré », sans toujours se rendre compte que ces mots reflètent souvent un état bien réel, un déséquilibre entre ce que l’on vit à l’intérieur et ce que l’on montre à l’extérieur.

    Ce langage du corps, quand on prend le temps de l’écouter, devient une véritable boussole.

    Je crois que chacun de nous a déjà vécu cela. Une douleur qui vient au mauvais moment, un blocage inexpliqué, une fatigue qui s’installe malgré le repos. Et si, au lieu de chercher tout de suite à faire taire le symptôme, on lui prêtait un instant d’attention sincère, on pourrait peut-être entendre ce qu’il essaie de nous dire.

     Alors, la prochaine fois que ton corps te parle, ne l’ignore pas trop vite. Écoute-le, car il a sûrement quelque chose d’important à te dire.

  • La pudeur des vivants

    Pourquoi est-ce si difficile de dire je t’aime, j’ai peur, ou je suis là ? Ces mots semblent simples, presque naturels, et pourtant ils restent souvent coincés.

    Dans le monde agricole où j’ai grandi, on n’apprend pas à les dire. On apprend à faire, à se lever tôt, à tenir bon, à réparer, à prévoir, à ne pas se plaindre. On montre son amour autrement, par un geste, un service rendu, une présence discrète, mais pas avec des mots. Les mots, c’est pour les autres.

    Nos parents ne nous l’ont pas transmis, non pas parce qu’ils ne nous aimaient pas, mais par pudeur, et peut-être aussi par humilité. Ils n’ont jamais su, jamais osé. Et nous, on a grandi avec cette tendresse muette.

    On devine les choses, on comprend un silence, une main posée sur l’épaule, un café déposé sans un mot. Et sans y penser, on perpétue ces gestes, jusqu’au jour où quelque chose bascule. Une maladie, une absence, une peur. Et là, on se rend compte que les mots manquent cruellement. On aimerait pouvoir les dire, mais on ne sait plus comment, ou bien il est trop tard.

    Cette pudeur a sa beauté, c’est vrai, elle protège, elle garde l’amour dans un endroit discret, à l’abri du bruit et des regards. Mais parfois, elle enferme, elle fait douter, elle fait croire qu’on n’est pas aimé, simplement parce qu’on ne l’a jamais entendu.

    Ce chapitre n’est pas un reproche, bien au contraire. C’est un hommage à celles et ceux qui ont su aimer sans le dire, qui ont été là sans chercher les mots, pour qui un regard ou une main posée valait plus qu’un long discours.

    C’est aussi une invitation, simple mais essentielle, à ne plus remettre à demain ce qui peut être dit aujourd’hui.

    À prendre le risque d’un mot, même timide, même imparfait, car un mot vrai, lorsqu’il arrive à temps, peut apaiser bien des doutes et ouvrir un espace que le silence ne saurait combler.

    Un mot, même hésitant, peut parfois libérer ce que l’on garde en soi depuis des années.

  • La sagesse du cœur

    Il est des décisions qui échappent aux calculs et aux logiques. Blaise Pascal écrivait « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». Cette phrase garde toute sa force car elle exprime une expérience universelle. Dans les moments décisifs de nos vies il n’est pas rare que l’intuition et l’émotion prennent le pas sur la logique.

    La raison s’appuie sur les faits et les arguments, elle rassure et donne des repères, mais elle ne peut tout saisir. Le cœur perçoit autrement, il reconnaît la chaleur d’un lien humain, l’élan d’un choix qui a du sens, la vibration d’une conviction intime. Cette connaissance est invisible et pourtant bien réelle.

    L’amour en est un exemple éclatant. Des vies que tout oppose peuvent se rejoindre dans une évidence inexplicable. Là où la raison prône la prudence, le cœur choisit l’audace et bien souvent ce choix se révèle juste.

    Il en va de même dans le travail. Un poste peut sembler parfait sur le papier et pourtant ne pas convenir. Ceux qui écoutent ce malaise quittent parfois une sécurité apparente pour suivre une passion et trouvent dans cette décision un épanouissement que la raison seule n’aurait pas prévu.

    On retrouve cette dynamique dans les élans de solidarité. Accompagner un proche malade, donner de son temps à une cause ou tendre la main à un inconnu n’obéit pas à un calcul mais à une impulsion généreuse qui transforme autant celui qui donne que celui qui reçoit.

    Les grands virages de l’existence ne se décident pas avec un tableur. Changer de métier, déménager, écrire un livre ou entreprendre naît souvent d’une voix intérieure qui murmure qu’il est temps d’oser. Ceux qui l’écoutent ne savent pas toujours où ils vont mais ils savent qu’ils ne peuvent plus rester là où ils sont.

    Il ne s’agit pas d’opposer cœur et raison mais de les unir. La raison éclaire le chemin et le cœur donne l’élan pour marcher. Blaise Pascal, philosophe et scientifique, savait que l’homme ne se réduit pas aux démonstrations, et sa phrase nous rappelle que dans les tournants de nos vies, écouter la voix du cœur n’est pas de la faiblesse mais de la sagesse.

  • Ce que les autres ne voient pas

    Je rentre du bureau. Pas même le temps de poser mes affaires. Evelyne vient de rentrer du kiné. Il faut vider le pot, changer la couche, l’installer sur le canapé, ajuster un coussin, lui tendre un verre d’eau…

    Puis reviennent, comme chaque jour, les mêmes phrases :

    « Tu as vu mes lunettes ? »

    « On est quel jour ? »

    « J’ai pris mes médicaments ? »

    « Peux-tu m’apporter à manger sur le canapé ? »

    « Je ne trouve plus la télécommande de la télé »

    « J’ai fait tomber mon téléphone », etc…

    Parfois même : « Ils disent qu’on est en 2025 à la télé… On est bien en 2027, hein ? »

    Tout cela s’enchaîne, sans pause. Ces demandes lancées en boucle usent, non pas par leur contenu, mais par leur répétition. Leur absence d’échange. Leur poids, silencieux.

    Ce qui m’épuise, ce n’est pas ce que je fais, ni même le rythme à tenir, mais cette impression que chaque journée est la copie de la précédente, que rien ne change vraiment, et que peu à peu, je glisse dans une routine faite de gestes répétés, de réponses automatiques, jusqu’à ne plus sentir ma propre présence autrement que comme un rôle à jouer : toujours prêt, toujours disponible, mais de plus en plus silencieux, presque absent à moi-même.

    Alors ce soir, j’ai pris mon ordinateur et je suis sorti dans la cour, à l’ombre, pour écrire. Non pas pour raconter une histoire, ni même pour me plaindre, mais simplement pour laisser une trace. Pour dire que moi aussi, j’existe encore derrière ce rôle. Que sous les gestes mille fois répétés, il y a un homme, un être humain, avec ses besoins, ses émotions, ses silences. Écrire, c’est ma façon de résister à l’effacement, de garder un espace à moi, minuscule peut-être, mais essentiel.

    Je ne suis pas un héros, ni un exemple. Juste quelqu’un qui fait de son mieux, chaque jour. Avec amour, avec tendresse, parfois de la colère, parfois du découragement. Mais toujours en avançant. Pas toujours fort, pas toujours droit… mais j’avance.

    Et vous, qui accompagnez un proche chaque jour, comment faites-vous pour tenir ?

  • Professionnel, malgré tout.

    Hier soir, un ami s’est fait fracturer la vitre arrière de sa voiture en sortant de notre partie de padel. Le secteur est pourtant réputé calme et sécurisé. Malheureusement, il avait laissé sa sacoche de travail à l’intérieur, contenant ses outils informatiques, des documents administratifs, et même son passeport…

    Il a bien sûr appelé la gendarmerie, qui est intervenue dans un délai tout à fait raisonnable, même si dans ce genre de moment, c’est toujours trop long.

    Mais ce qui m’a marqué, et attristé, c’est de les voir arriver à trois, entassés dans un vieux Renault Kangoo complètement rincé, à croire qu’il avait 300 000 kilomètres au compteur.

    Et dès qu’ils sont descendus du véhicule, la première chose qu’ils ont dite, c’est : « Ce n’est pas parce qu’on a un vieux Kangoo qu’on n’est pas professionnels. »

    Ils se sont justifiés spontanément de leur matériel, comme s’ils avaient honte. Comme s’ils sentaient d’avance le regard porté sur eux.

    Et franchement… c’est révoltant.

    On peut avoir des avis très partagés sur les forces de l’ordre, parfois critiques, parfois amers. On les voit trop souvent là où on préférerait qu’ils ne soient pas, à verbaliser le citoyen lambda, et trop rarement là où on les attend, face aux vrais délinquants.

    Mais ce soir, ce qui m’a frappé, c’est qu’on envoie ces femmes et ces hommes, censés nous protéger, en mission dans des véhicules indignes.

    Comment peut-on exiger de leur part rigueur, efficacité et autorité si on ne leur donne même pas les moyens de faire leur travail avec dignité ?

    Ce n’est pas qu’une question de voiture, c’est une question de respect.

  • Rien à Foot !

    Franchement… Bravo les pros !

    Bravo à ces footballeurs qui montent sur les plateaux pour nous dire qu’ils veulent montrer l’exemple, transmettre les bonnes valeurs aux jeunes, porter haut les couleurs du football.

    Mais quand on voit ce qui s’est passé lors de la finale PSG – Chelsea, cette prétendue vitrine du football… Quelle honte.

    Des altercations, des tensions, des comportements indignes, avec à la clé des jeunes qui reproduisent ces attitudes, des matchs amateurs qui dégénèrent, et même des parents qui en viennent aux mains sur le bord des terrains.

    Je suis de cette génération où le foot, c’était sacré. Il y avait des tacles, des mots qui fusaient, des rivalités, mais à la fin, on se serrait la main, on allait boire un coup ensemble, on apprenait le respect, même dans la défaite. On n’était pas des saints, mais on savait ce que c’était, l’esprit du sport.

    Aujourd’hui, je suis écoeuré. Derrière les beaux discours, ce que je vois chez beaucoup de footballeurs pros, c’est surtout la carrière, les contrats, l’argent, les sponsors. Le reste, le respect, les valeurs, les jeunes, l’exemplarité, rien à foutre.

    Alors oui, continuez à dire que vous êtes des modèles, mais sachez que ce que vous montrez sur le terrain est bien plus fort que tous vos discours. Et c’est ce que les jeunes retiennent.

    Et ça… c’est bien triste.

  • Urgence solidaire

    Pendant la crise du COVID, chaque soir à 20 heures, les balcons de France résonnaient d’applaudissements en l’honneur des soignants. Ces femmes et ces hommes qu’on appelait alors les héros du quotidien, à qui l’on jurait qu’on ne les oublierait jamais.

    Mais une fois l’urgence passée, beaucoup ont été mis de côté. Certains suspendus pour avoir refusé de se faire vacciner, d’autres laissés seuls dans des conditions de travail toujours plus dures, sans reconnaissance ni répit. La solidarité, si vive, si bruyante, a fondu comme neige au soleil.

    Depuis, ce scénario se répète à chaque crise. On s’émeut pour les pompiers épuisés, parfois caillassés. On soutient les policiers endeuillés, on compatit avec les enseignants menacés, on rend hommage aux militaires tombés. Et puis on oublie, comme si chaque cause n’avait droit qu’à quelques jours d’indignation avant de sombrer dans le silence.

    Cette mécanique de division n’est pas un hasard. Depuis des années, on oppose les uns aux autres : public contre privé, jeunes contre retraités, vaccinés contre non-vaccinés. On exploite les tensions, on attise les clivages, on détourne l’attention. Diviser pour mieux régner… Une méthode vieille comme le monde, mais toujours redoutablement efficace.

    Aujourd’hui, ce sont les agriculteurs qui prennent la parole. Ils disent leur épuisement, leur isolement, leur détresse. Et une fois encore, beaucoup préfèrent détourner les yeux plutôt que d’affronter la réalité en face.

    La vraie solidarité, ce n’est pas une émotion dictée par l’actualité. C’est un engagement durable, une présence constante aux côtés de ceux qui font tenir ce pays. Soignants, pompiers, enseignants, militaires, agriculteurs… ces piliers que l’on oublie trop souvent, jusqu’au jour où tout craque.

    Et ce jour-là, il sera trop tard pour dire qu’on ne savait pas.

    Parce que la vraie force d’un peuple ne naît jamais de la division mais de la solidarité. Elle donne du sens, elle tisse du lien, elle protège. Elle ne demande pas grand-chose, juste oser regarder l’autre autrement, non comme un ennemi mais comme un allié.

    Et si c’était ça, le vrai début du changement ?

  • La parole est dans le pré

    Les 14 et 15 juin derniers, à l’occasion du Comice Agricole d’Agglopolys, un stand dédié à la prévention du suicide a été installé sur le site de La Bouillie, à Blois-Vienne.

    Cette initiative, une première, a vu le jour grâce à l’invitation de la Société Départementale d’Agriculture de Loir-et-Cher (SDA 41), qui a permis d’ouvrir un espace à la parole et à l’écoute, au cœur du monde rural.

    Le stand, animé par le Centre Répondant 3114 Centre-Val de Loire, la Plateforme régionale pour la Prévention du Suicide et le Réseau VIES 37, a permis de faire connaître nos actions et d’aller à la rencontre des agriculteurs, des représentants syndicaux et des acteurs du milieu éducatif agricole.

    En tant que bénévole du réseau, j’ai eu l’honneur d’accompagner Marie-Ange, Chargée de Missions Territoriales 3114 Centre-Val de Loire, dont l’engagement est à la hauteur des enjeux. Elle est infatigable, bienveillante et toujours tournée vers les autres, et à nos  cotés Charline, infirmière répondante du 3114, elle incarne cette écoute essentielle, et sa manière d’accueillir la détresse sans jugement force le respect… On ne peut que l’admirer. 

    Rendre hommage à son travail, c’est aussi saluer l’engagement de toutes celles qui, comme elle, veillent dans le silence et tendent la main à celles et ceux qui n’en peuvent plus.

    Malgré leurs alertes, les agriculteurs peinent encore à se faire entendre, pris dans une lutte quotidienne pour simplement tenir, jusqu’à s’épuiser peu à peu.

    De ce silence, souvent contraint et lourd, peut naître l’irréparable, car ils ont besoin d’être entendus, avant que le mal-être ne devienne insupportable.

    Leur offrir un espace d’expression, c’est reconnaître cette réalité, et rappeler combien il est urgent d’être présents là où la souffrance peine à se dire.

    Merci, tout simplement, à celles et ceux qui écoutent, tendent la main et permettent à la vie de reprendre sa place.

  • Les étoiles produisent de la lumière

    Une matinée pleine d’émotions et une très belle reconnaissance pour La Conciergerie des Étoiles, un service d’accompagnement à la transition de vie sereine.

    Ce vendredi matin, lors de la finale du concours Start Up Innovation 2025 organisé par la COBAS (Communauté d’agglomération du Bassin d’Arcachon Sud), La Conciergerie des Étoiles s’est distinguée en remportant le prix du jury ainsi qu’un Coup de Cœur d’Airbus Développement, accompagné d’un précieux soutien pour accélérer notre croissance. 

    Derrière cette belle réussite, il y a Coralie, fondatrice de la Conciergerie des Étoiles, qui a porté ce projet avec une force de caractère admirable, une bienveillance sincère et une détermination sans faille, malgré les doutes et les défis rencontrés depuis la création de l’entreprise en novembre 2023. Aujourd’hui, cette reconnaissance vient saluer un travail profondément humain et engagé.

    Ce prix marque un véritable tremplin pour la suite et l’accompagnement d’Airbus Développement va nous permettre de franchir une nouvelle étape et de donner encore plus de visibilité à ce métier encore peu connu mais pourtant essentiel.

    Un immense bravo à Coralie pour son pitch inspirant et sa vision si claire.

    Pour ma part, je suis ravi et honoré d’avoir rejoint récemment cette belle aventure en tant qu’associé aux côtés de Coralie. L’histoire ne fait que commencer… et elle s’annonce pleine de sens, de projets… et d’étoiles.

  • L’injustice et la bêtise humaine sont les ennemies du bon sens

    L’injustice frappe sans prévenir, sans logique, souvent sans retour. Elle mutile des vies, broie des espoirs, et ne vient jamais seule, avec à ses côtés la bêtise, cette complice discrète mais redoutable. Et quand la connerie prend le pouvoir, elle ne dirige pas, elle détruit.

    Et le plus tragique, c’est que nous finissons par nous habituer à la souffrance des autres, à l’absurde qui devient norme, à l’intolérable que l’on fait passer pour inévitable. Chaque renoncement collectif est une victoire silencieuse pour l’injustice.

    La bêtise ne se limite pas à l’ignorance, elle refuse d’écouter et de comprendre. De plus, elle simplifie, caricature, condamne sans appel et lorsqu’elle s’installe dans les hautes sphères, elle devient dangereuse, toxique. Loi après loi, elle saborde l’intelligence, l’humanité, le lien. 

    Et quand l’injustice est renforcée par la bêtise, le résultat est explosif. Des décisions absurdes frappent les plus vulnérables, des discours haineux protégés par une fausse idée de la liberté, des silences complices nourrissent l’oppression. Toujours les mêmes qui tombent. Toujours les mêmes qui détournent les yeux.

    “Quand l’injustice devient loi, la résistance devient un devoir.” — Thomas Jefferson.

    Résister n’est pas une option, c’est une urgence. Il faut apprendre à réfléchir par soi-même, à poser des questions, à déranger l’ordre établi, et non simplement obéir sans comprendre. Il faut utiliser l’humour pour briser les mensonges et cultiver l’esprit critique, surtout quand il dérange. Dire non à la bêtise, c’est un véritable geste citoyen. Refuser l’injustice, c’est défendre ce qu’il nous reste de digne et d’humain.

    Le véritable danger, ce n’est pas la haine, c’est l’idiotie qui regarde sans rien dire

    Alors, on fait quoi ? On pense, on parle, on agit ou on se tait et on laisse faire.

  • Vivement samedi !

    Les personnes âgées qui font leurs courses le week-end sont souvent mal perçues par les actifs. Dans les files d’attente, dans les rayons bondés, certains soupirent, lèvent les yeux au ciel et se disent  » Pourquoi viennent-ils le samedi, alors qu’ils pourraient éviter les heures de pointe ? « 

    Une réaction qui peut sembler compréhensible, mais qui manque souvent de recul… et d’empathie.

    Et si, au lieu de râler, on prenait un instant pour y réfléchir ?

    Dans une vie souvent marquée par la solitude, sortir aux heures de pointe peut devenir une façon de rester connectés au monde, de briser l’isolement, de croiser des regards, d’échanger quelques mots.

    Alors oui, ça bouchonne dans les allées. Oui, ça prend un peu plus de temps à la caisse. Mais derrière ce « ralentissement », il y a des gens qui cherchent juste à exister, à se sentir encore vivant.

    Dans une société où on parle d’inclusion à longueur de journée, il serait peut-être temps de commencer par regarder nos aînés autrement. Parce que tant qu’on continuera à soupirer dans les files au lieu de tendre la main, on passera à côté de l’essentiel.

    Et si, au lieu de juger, nous choisissions d’accompagner ? Parce qu’on finira tous par être à leur place et on espérera, nous aussi, qu’on ne nous regarde pas de travers… juste pour avoir voulu un peu de vie.

    C’est dans cet esprit que j’ai rejoint la Conciergerie des Étoiles https://www.laconciergeriedesetoiles.com/, pour offrir un accompagnement à la fois humain et bienveillant, pensé pour rompre l’isolement, recréer du lien social et redonner aux personnes âgées l’attention et la dignité qu’elles méritent. 

    Qu’il s’agisse d’écoute, de présence, d’aide au quotidien ou de services pratiques, notre engagement est clair : prendre soin de celles et ceux que la société oublie trop souvent, avec respect et douceur, jusqu’au bout de leur chemin.

  • Un monde sans visages

    Nous vivons une époque où tout s’accélère, se digitalise, s’automatise. La technologie simplifie nos gestes quotidien, mais elle complique ce qui compte vraiment : le lien, la confiance, la compréhension.

    Peu à peu, sans qu’on s’en rende compte, la parole se raréfie. On hésite à dire ce qu’on pense, par peur d’être mal compris, jugé ou étiqueté. Les échanges sont devenus virtuels, les amitiés parfois aussi. Un message, un like, une visioconférence prennent la place des vraies conversations, des regards, des gestes simples. Le progrès nous connecte et nous éloigne à la fois, si bien que l’humain, le vrai, se fait rare.

    Dans ce monde qui ne s’arrête jamais, beaucoup de nos aînés se sentent perdus. Eux qui ont grandi dans un univers paisible, mais profondément humain, où une poignée de main valait engagement, regardent avec stupeur cette époque où tout va vite et où tout se complique. Ils doivent désormais se méfier des appels suspects, des courriels frauduleux et des promesses trop belles pour être vraies, si bien que la confiance a cédé la place à la méfiance.

    Ils ont traversé des bouleversements que peu d’entre nous peuvent vraiment imaginer : Du cheval de trait au tracteur, de la lampe à pétrole à l’électricité, du lavoir à la machine à laver, du train à vapeur au TGV, de l’encrier au tableau numérique, de la radio au smartphone, du courrier manuscrit au courriel instantané, etc… Ils ont connu l’arrivée de l’électricité, des téléphones, des ordinateurs, et maintenant de l’intelligence artificielle et ils ont su s’adapter, souvent en silence mais toujours avec humilité. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le progrès qui leur fait peur, c’est le sentiment d’être laissés de côté dans un monde sans visage.

    Pour celles et ceux qui ont grandi avec Internet, les réseaux sociaux et les smartphones, le monde numérique est une évidence, mais n’oublions pas celles et ceux qui ont tracé le chemin. Un monde qui avance sans ceux qui l’ont bâti est un monde qui risque de perdre sa mémoire… et peut-être, un peu de son âme.

    Il est temps de rendre à chacun, quel que soit son âge, le droit d’être écouté, respecté et accompagné.

  • Les Invisibles

    600 euros par mois de retraite… Une blague ? Non, une réalité.

    J’ai déposé ma demande de retraite en juillet 2024, six mois à l’avance, pour un départ au 1er janvier 2025. Naïvement, je pensais que ce délai suffirait à la MSA pour faire son travail. Il faut croire que j’ai surestimé les prouesses d’une administration au sommet de sa forme.

    J’ai commencé à travailler à 16 ans comme aide familiale. Et comme tous les enfants d’agriculteurs, j’étais déjà au travail bien avant. Mais toutes ces années passées à œuvrer dans l’ombre ne comptent pas : ni dans les droits, ni dans la reconnaissance, et surtout pas dans les calculs de retraite.

    Le 30 mars 2025, soit trois mois après ma date officielle de départ, je reçois enfin un virement. Je pense à un acompte… Raté. C’était le montant définitif : 1 800 euros pour trois mois, soit 600 euros bruts par mois.

    Certes, je n’ai pas tous mes trimestres. Mais quand même… 600 euros, est-ce vraiment une retraite décente ? C’est une gifle. Une insulte. Une forme de maltraitance sociale qu’on inflige à celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie.

    Ce que je vis est le reflet d’un système en souffrance. Un système qui prétend protéger ses retraités, mais qui semble surtout les malmener.

    Alors je m’interroge : où vont nos cotisations ? À quoi sert une caisse de retraite qui abandonne ceux qu’elle est censée soutenir ?
    Combien faudra-t-il encore de parcours brisés, de vies invisibles, d’alertes ignorées, avant qu’on ouvre enfin les yeux ?

    Ce n’est pas la charité qu’on veut. Ni la pitié. C’est simplement la justice.

    Ce système n’est pas seulement malade, il est conçu pour ignorer, pour exclure, pour épuiser. Il produit l’injustice, la colère, et le mépris. C’est le résultat logique d’un fonctionnement qu’on refuse de remettre en question, et tant qu’on persistera à faire comme si tout allait bien, il continuera à laisser sur le carreau ceux qu’il prétend servir.

    Combien faudra-t-il encore de témoignages, de colère, d’humiliations avant que les lignes bougent ?

    Parce qu’au bout d’un moment… il vaut mieux en rire qu’en pleurer.

  • Trop facile !

    Une fois de plus, je suis témoin d’une réalité aussi triste que révoltante. Une personne âgée m’a demandé de l’aide après avoir été délaissée par ses proches lorsqu’elle en avait le plus besoin. « Trop de temps, trop d’efforts… On a notre vie. » L’excuse parfaite pour fuir ses responsabilités. 

    Aujourd’hui, ces mêmes proches reviennent, mais pas pour prendre de ses nouvelles. Non, ils m’observent, posent des questions à demi-mot, comme s’ils cherchaient à comprendre ce qui se cache derrière mon engagement. Voir cette personne sereine et épanouie les dérange. Dans leur esprit, personne ne donne sans arrière-pensée. Pour eux, la bienveillance et la gentillesse ne peuvent exister sans intérêt caché.

    Certains vont même jusqu’à murmurer que je profite de la situation, que je manipule, que je cherche peut-être à m’approprier quelque chose. Pourtant, la seule chose que je gagne dans cet accompagnement, c’est la satisfaction de voir cette personne reprendre goût à la vie, se sentir entourée, écoutée et respectée.

    Malheureusement, il est plus facile de critiquer et de soupçonner que de tendre la main. Plus facile d’attendre un héritage sans rien faire que de consacrer du temps et de l’attention à un être cher. Mais qu’importe. Ceux qui ne savent pas voir la valeur de la bienveillance passent à côté de l’essentiel : la dignité, la chaleur humaine et l’amour inconditionnel qui font la vraie richesse de la vie

    Prendre soin d’une personne vulnérable n’est ni une corvée ni une stratégie, c’est simplement faire ce qui est juste, et j’en suis fier. Mais pour certains, l’empathie n’existe pas… jusqu’à ce que l’héritage se profile à l’horizon.

    La bienveillance existe, qu’on le veuille ou non. Et elle n’a pas à se justifier.

  • Echanges de terrain

    Dans un contexte familial difficile, j’avais besoin d’une échappatoire, d’un moyen de m’épanouir et de me libérer l’esprit. C’est alors que le padel est entré dans ma vie, comme une véritable bouffée d’air frais. Mais au-delà du jeu, ce qui me passionne avant tout, c’est la richesse des échanges et les liens qui se tissent autour de cette activité. Pour moi, le sport ne se résume pas à la performance, c’est avant tout une aventure humaine, faite de rires et de complicité. Le padel, à mes yeux, c’est comme la vie : imprévisible, intense, parfois frustrant, mais toujours rempli d’émotions.

    En novembre dernier, j’ai organisé un tournoi à la Bulle Padel de Charentilly. Douze joueurs, tous niveaux confondus, réunis autour d’une même passion et avec une seule règle : s’amuser, partager et profiter. L’objectif était de partager un moment convivial où chacun pouvait jouer et rencontrer de nouveaux partenaires, sans distinction. Pendant deux heures, les parties se sont enchaînées dans une ambiance décontractée, rythmées par les encouragements et les rires.

    Et comme toute bonne soirée qui se respecte, nous avons prolongé le plaisir autour d’une planche de charcuterie et d’un verre, renforçant encore ces instants de convivialité.

    Le plus beau témoignage, c’est l’enthousiasme des participants qui, dès la fin de la soirée, me demandaient déjà : « À quand la prochaine ? » Ce moment illustre parfaitement comment le sport crée des liens et des amitiés, et c’est justement ce que j’aime. Un instant suspendu, où plus rien ne compte, si ce n’est le plaisir d’être ensemble.

  • Une pierre après l’autre…

    Je reviens vers vous pour vous donner des nouvelles de cette très belle aventure qui continue à prendre de l’ampleur, notamment grâce à l’accompagnement précieux de Stephan que je surnomme, avec amusement, mon « attaché de presse ». Il faut toujours savoir garder une touche d’humour car pour moi les gens qui ne savent pas s’amuser ne sont pas des gens sérieux !

    Lorsqu’on me demande combien de livres j’ai vendu, je réponds que cela importe peu. Ce qui compte vraiment pour moi, c’est tout ce qui gravite autour de ce livre et plus particulièrement de mon blog, les rencontres, les échanges, les réflexions qu’il suscite. 

    À titre d’exemple, suite à la parution de mon article sur « Joseph », la responsable de la plateforme du 3114, qui accompagne les personnes en détresse psychologique, m’a contacté. Touchée par mon texte, elle souhaite me rencontrer et m’a proposé de les rejoindre pour apporter un soutien aux agriculteurs en difficulté dans la région Centre-Val de Loire.

    Le soutien aux agriculteurs est une cause qui me tient particulièrement à cœur. C’est une profession souvent marquée par l’isolement et de nombreuses difficultés. Là encore, mon article a suscité des témoignages, mais surtout ouvert la voie à des échanges constructifs, essentiels pour faire évoluer les choses.

    Ce constat ne fait que renforcer ma motivation à écrire et à partager, d’autant plus que voir mon lectorat grandir à chaque article est une source précieuse de satisfaction et d’encouragement

    Merci pour votre intérêt et votre soutien !

  • Le tremblement de la Terre

    Je ressens une profonde indignation face à la situation dramatique des agriculteurs et au traitement médiatique de leur mobilisation. Ces femmes et ces hommes, qui nourrissent notre pays, sont à bout. Dans leur détresse, ils ont tenté d’exprimer leur dernier espoir à travers une mobilisation pacifique. Et pour tout accueil, des blindés aux portes de Paris, comme s’ils étaient une menace, comme si leur cri d’alerte devait être étouffé par la force plutôt qu’écouté.

    Pendant ce temps, les médias, censés être les garants de l’information, sont restés silencieux. Cette indifférence s’explique par le manque de soutien de la population française et par la relégation au second plan d’un mouvement pourtant crucial pour l’avenir de notre agriculture.

    Ancien agriculteur, je considère qu’il est de notre devoir de soutenir cette lutte car elle dépasse les exploitations agricoles, elle touche directement à notre avenir commun. Défendre les droits des agriculteurs, c’est protéger notre alimentation, préserver notre environnement et affirmer nos valeurs de solidarité.

    Faut-il en arriver à la casse pour que les décideurs daignent écouter ? Faut-il que la colère explose pour qu’enfin on prenne la mesure du désespoir qui ronge nos campagnes ? Depuis quand répond-on à la détresse de ceux qui nous nourrissent par la répression plutôt que par le dialogue ?

    Cette situation soulève des inquiétudes sur l’état de notre démocratie et la place accordée à la liberté d’expression. Quand une profession essentielle au pays est muselée et traitée comme une menace, il devient urgent de réfléchir à la société dans laquelle nous voulons vivre.

    Je pense qu’Il est encore possible de rêver d’un monde où chacun serait respecté et entendu, où le dialogue primerait sur l’affrontement, où la diversité des idées serait une richesse et non une menace. Peut-être est-ce une utopie, mais il est essentiel d’y croire et d’agir pour restaurer le respect et la tolérance au cœur de nos relations humaines.

  • Transmettre notre singularité

    Mon parcours autodidacte a toujours été le fondement de ma vie. Cette quête inlassable de liberté, ce désir de suivre un chemin non tracé, m’ont constamment poussé à apprendre en dehors des cadres établis. J’ai conçu mon propre parcours, guidé par l’instinct et animé par la passion. Tout au long de mon parcours, j’ai rencontré des âmes inspirantes, des mentors qui ont partagé avec moi leurs connaissances, éclairant ainsi mon ignorance. Aujourd’hui, je ressens le besoin de transmettre à mon tour cette expérience accumulée, car la vie n’est-elle pas un échange, un partage d’expériences?

    Les aînés disposent d’une riche expérience, d’un regard éclairé et d’un précieux savoir à partager avec la jeunesse. Mais il est tout aussi essentiel de reconnaître ce que la nouvelle génération peut nous apprendre. À titre personnel, j’ai beaucoup évolué grâce à mes collègues Crystal et Romain, dont la vision moderne de l’organisation du travail a été pour moi une révélation. Leur approche novatrice m’a ouvert de nouvelles perspectives, prouvant une fois de plus que l’apprentissage est un échange constant, sans limite d’âge ni de cadre.

    Transmettre mon expérience de vie a toujours été une aspiration profonde et le livre que j’ai écrit est l’aboutissement de ce désir. Je souhaite le léguer aux générations futures, en leur offrant un aperçu des divers métiers que j’ai exercés, tout en plaçant l’humain au cœur de mon récit. Je rêve de conférences, d’ateliers, de séminaires, ces espaces où je pourrais non seulement m’exprimer, mais aussi écouter. Pour cela, je dois apprendre à parler en public, à surmonter mes propres peurs, et à relever un défi que je n’ai pas encore affronté. Je suis convaincu que la véritable transmission réside dans ce dialogue, cette interaction où je suis à la fois apprenant et enseignant.

  • Le coeur dans les étoiles

    Suite à l’article évoquant mon accompagnement de Jacqueline, j’ai été contacté par Coralie, fondatrice de la Conciergerie des Étoiles www.laconciergeriedesetoiles.com, une structure spécialisée dans l’accompagnement des personnes âgées lors de leur transition vers un nouveau lieu de vie. Ce contact a été une véritable opportunité pour moi, car il faisait écho à mon expérience récente avec Jacqueline, qui a marqué une étape importante dans ma pratique professionnelle. Inspiré par cette aventure humaine, j’ai décidé de m’associer à cette initiative afin d’élargir mon champ d’action et d’offrir un service complémentaire à mon activité.

    Mon expérience avec Jacqueline a été une véritable aventure humaine, riche de respect, d’écoute et de bienveillance. Cette expérience m’a profondément touché et a bouleversé ma vision de mon rôle en tant que conseiller. Elle m’a conduit à réfléchir à des moyens d’aller encore plus loin pour répondre aux besoins des personnes âgées, en les soutenant dans ces périodes de vie souvent délicates.

    Pour m’impliquer pleinement dans cette démarche et renforcer mes compétences, j’ai suivi une formation qui m’a permis d’approfondir des sujets essentiels tels que l’accompagnement lors d’un départ en résidence seniors, l’entrée en EHPAD, ou encore la gestion des étapes qui suivent un décès.

    En intégrant ces nouvelles connaissances, j’ai choisi d’aller au-delà du rôle traditionnel de Family Office. Mon ambition est d’offrir une réponse globale dans les moments charnières de la vie, alliant expertise technique et soutien émotionnel. Il ne s’agit plus seulement de gérer la fin de vie ou les aspects matériels des transitions, mais de soulager les familles, d’accompagner les aidants et les ayants droit, tout en apportant du bien-être et de la sérénité aux seniors eux-mêmes.

  • Ensemble, vers 2025

    Le soir du 31 décembre, je lèverai mon verre à cette année qui a marqué un véritable tournant dans ma vie. La publication de mon livre a provoqué des décisions importantes, notamment sur mes relations et mes liens familiaux. Dans la même idée, ce blog que j’ai ouvert il y a quelques mois, au départ pensé pour le partage et l’échange, s’est enrichi de vos commentaires sincères et authentiques.

    Je suis profondément touché car j’ai le sentiment que nous tissons des liens. Vos messages m’apportent une chaleur et un sentiment d’appartenance. Jamais je n’aurais imaginé créer une telle union avec des personnes qui me ressemblent, et qui, par leur soutien, renforcent la confiance en moi que je n’avais pas auparavant.

    Grâce à vous, je m’épanouis dans l’écriture d’articles sincères et ouverts.
    Pour accompagner la sortie de mon livre Le Bon Grain et l’Ivraie, j’ai voulu aller encore plus loin : élargir mes réflexions et partager mes expériences avec vous. Aujourd’hui, je tiens à vous exprimer ma joie de constater votre fidélité dans cette interaction qui nous unit. Je continuerai à partager avec vous mes moments de vie, avec la même authenticité et le même enthousiasme.

    Alors que l’année touche à sa fin, je tiens à vous adresser mes vœux les plus sincères pour cette période de fêtes. Que cette fin d’année soit pour vous un moment de sérénité, de joie et de réflexion, pour débuter la prochaine avec un souffle nouveau.

    Prenez soin de vous, car vous êtes votre priorité. Accordez-vous le droit d’être bienveillants envers vous-mêmes, et n’hésitez pas à laisser de côté ceux qui freinent vos élans ou tentent d’entraver vos projets. Votre chemin vous appartient, et il mérite d’être parcouru avec énergie et confiance.

    Je suis ravi d’imaginer une nouvelle année d’échanges et de partages sur ce blog, où chacun d’entre vous a la possibilité de participer et de contribuer à valoriser un des éléments qui nous semblent cher à tous : la sincérité nourrie de notre richesse intérieure.

    Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et tous !
    Eric

  • Aider, malgré tous

    Après cinq mois passés en maison de repos, Evelyne est rentrée à la maison. Je dois avouer que son retour me préoccupait, car je ne me sentais plus capable de lui apporter le soutien et l’énergie que je lui offrais auparavant. Je me  suis questionné sur la légitimité de cette fatigue et de ces doutes.

    Avant sa sortie, j’ai voulu tout préparer pour qu’elle se sente bien à la maison. Mais le manque d’organisation du centre a compliqué les choses, et obtenir une réunion de préparation a été un véritable défi. Malgré cela, j’ai fait quelques aménagements pour qu’elle puisse se déplacer facilement avec son déambulateur, en imaginant déjà son retour.

    Nous avons mis en place un service d’aide à domicile pour l’assister chaque matin dans sa toilette, y compris le week-end, afin de me soulager de ces tâches quotidiennes. Une promenade hebdomadaire de deux heures était aussi prévue. Une personne de l’APA (Allocation Personnalisé d’autonomie ) est venue nous rencontrer pour évaluer un soutien financier adapté à nos besoins. Cependant, le coût des services à domicile reste très élevé. Même si ces tarifs sont sans doute justifiés, ils dépassent largement nos moyens, malgré l’aide modeste qui nous a été accordée. Nous devons donc renoncer à la promenade et réduire les prestations à cinq jours par semaine.

    Cette situation me ramène, malgré moi, au même schéma : l’aidant, seul face à tout. Cela me met en colère. Je me retrouve seul à porter une charge que je pensais ne plus avoir, tout en gérant les courses, la cuisine, les lessives, et un travail en pleine expansion.

    Malgré tous les efforts pour organiser le retour d’Évelyne, je me retrouve encore une fois seul face aux responsabilités du quotidien, sans le soutien espéré. Cela montre bien le décalage entre les promesses faites aux aidants et la réalité qu’ils doivent affronter. Mais j’avance, malgré tout, en espérant trouver un équilibre entre mes responsabilités et mon développement professionnel.

  • Dédicace

    L’aventure continue ! Après la sortie de mon livre Le Bon Grain et l’Ivraie, j’ai eu l’occasion d’organiser les premières séances de dédicaces, et quoi de mieux pour marquer ces débuts que de retourner au berceau de mon enfance. Cet endroit, chargé d’histoire et de souvenirs, a toujours été porteur de valeurs auxquelles je tiens profondément : l’authenticité et le partage.

    Accepter l’invitation de la bibliothèque municipale de Maisse (91), près du village où j’ai passé cinquante années de ma vie, a été pour moi une façon de relier mon passé à mon présent. Présenter mon ouvrage dans cette région a été une véritable immersion dans mes souvenirs et une opportunité de renforcer les liens autour de valeurs qui me sont chères.

    Malgré une légère appréhension au début, je me suis vite senti porté par la bienveillance des personnes présentes. Ces échanges m’ont confirmé que cette aventure littéraire ne fait que commencer, et je suis ravi de pouvoir la poursuivre, entouré de ceux qui ont contribué à la forger.

    Ces retrouvailles m’ont rappelé que, même après tout ce temps, des liens invisibles nous unissent encore aux lieux et aux personnes. Ce moment a également captivé ceux qui me connaissait peu ou pas du tout et ils ont appréciés ces instants de partage et d’échanges qui ce sont terminés autour d’un moment convivial.

    Je suis impatient de découvrir la suite de ce parcours et de continuer à partager cette expérience avec vous.

  • Jacqueline

    En septembre 2023, le notaire de Jacqueline m’a contacté. Âgée de 90 ans, célibataire et sans enfants, elle vivait encore dans la maison où elle était née, un lieu rempli de souvenirs, mais devenu une lourde charge. Le jardin, les réparations, l’entretien quotidien… tout cela l’épuisait. De plus, son âge la rendait vulnérable aux personnes malintentionnées, comme ce maçon qui lui avait demandé 6 000 euros pour soi-disant remplacer une simple tuile.

    Le notaire m’a sollicité pour l’aider à gérer son patrimoine et à l’accompagner dans ses démarches administratives, mais cela dépassait de simples formalités. Jacqueline avait besoin de soutien pour traverser un moment crucial de sa vie. Elle devait prendre des décisions importantes, comme quitter la maison où elle avait grandi, remplie de souvenirs partagés avec sa sœur, décédée il y a neuf ans.

    Lors de notre première rencontre, j’ai été touché par sa douceur et sa lucidité. Elle m’a accueillie chaleureusement et m’a partagé son histoire, sa famille, et l’attachement profond qu’elle avait pour sa maison. Chaque rencontre était riche en échanges et anecdotes. Elle oscillait entre sa force et sa fragilité, entre l’attachement à ce lieu si symbolique et la réalité de ses capacités déclinantes.

    Ensemble, nous avons envisagé différentes options, respectant son histoire tout en préparant sereinement son avenir. Il ne s’agissait pas seulement de trouver une résidence ou de résoudre des questions juridiques, mais de faire tout cela avec douceur et à son rythme.

    Au fil des semaines, nous avons trouvé une solution qui lui convenait : une belle résidence seniors près de Fontainebleau, où elle pourrait vivre tranquillement, sans les contraintes du quotidien. Jacqueline a fêté ses 92 ans le 11 octobre, et cette aventure a été pour moi une rencontre exceptionnelle. Elle m’a profondément touché, et je lui ai exprimé mon admiration.

    Cette mission a dépassé le cadre de mon travail. J’y ai mis tout mon cœur, respectant ses choix avec patience et bienveillance. Je souhaite, sans prétention mais avec sincérité, que toutes les personnes âgées puissent être accompagnées comme Jacqueline l’a été—avec amour et respect.

  • Les bruits silencieux

    La colère… Elle s’est infiltrée en moi, comme une ombre silencieuse, dès l’enfance. Elle s’est nourrie de petits incidents que le monde extérieur jugeait sans importance, mais qui, en moi, prenaient une résonance disproportionnée, un écho amplifié dans les recoins les plus sombres de mon être. Avec le temps, elle s’est alourdie, devenant une part intégrante de moi, tissée de déceptions, de frustrations et d’injustices accumulées en silence.

    Aujourd’hui, à 62 ans, je me confronte à cette colère, déterminé à en démêler les fils empoisonnés, à la comprendre et à l’apaiser au plus profond de ma conscience. Mon livre n’est ni une accusation, ni une recherche de coupables, mais un partage, une démarche de paix envers moi-même.

    Je comprends que certains membres de ma famille aient pu mal réagir à sa lecture, peut-être à cause des vérités qu’il aborde. Mon intention était simplement de raconter mon histoire et de témoigner de certaines expériences, sans critiques ni jugements. Ils m’ont montré que la famille ne se limite pas aux liens de sang, mais réside dans ceux qui vous soutiennent dans les moments difficiles, qui vous acceptent tel que vous êtes, avec vos forces et vos faiblesses. À chaque pensée pour ma famille de cœur, je ressens une profonde gratitude. Ils m’ont offert un sentiment d’appartenance, un refuge où je peux être moi-même sans craindre le jugement, un lieu où règnent la chaleur humaine et la compréhension. Ces relations m’ont appris des leçons précieuses sur l’empathie, la solidarité et l’importance de l’écoute.

    Je réalise que chacun peut réagir différemment et prends conscience qu’un auteur ne maîtrise pas toujours la manière dont son œuvre est reçue ou interprétée. Les lecteurs s’approprient parfois le texte, lui donnant une vie et une signification qui dépassent ce que l’auteur avait imaginé.

  • Discernement et sérénité

    Réfléchir sur le bien et le mal nourrit l’esprit. 

    Dans la tranquillité de mes réflexions, l’image des champs m’est souvent apparue comme une métaphore de la vie. Au cœur de ces étendues vertes, le bon grain et l’ivraie poussent ensemble, symbolisant la coexistence des vertus et des vices, des vérités et des illusions dans nos âmes.

    J’ai médité sur la façon dont ces deux éléments peuvent coexister, se nourrissant du même sol et partageant le même air, tout en produisant des fruits si différents. Cette réflexion m’a conduit à une profonde introspection : comment distinguer en moi ce qui est authentique de ce qui est superflu ? Comment cultiver le bon grain de ma nature tout en éliminant l’ivraie de mes imperfections ?

    Cette quête de discernement m’a enseigné l’importance de la vigilance, de la patience et de l’amour de soi, tout en restant ouvert aux autres. « Séparer le bon grain de l’ivraie » me rappelle également l’importance de prendre de la distance, de s’éloigner de ceux qui voient le monde avec mépris. Dans la complexité des relations, il est essentiel de distinguer ceux qui élèvent l’âme de ceux qui la piétinent.

    Avec les années, j’ai appris à être plus sélectif, privilégiant la qualité à la quantité dans mes relations. En m’entourant de personnes dont les valeurs résonnent avec les miennes, j’ai trouvé la sérénité, même au milieu du tumulte quotidien. Comme l’a si bien dit Guillaume Musso, « à la fin, ce sont toujours les étoiles qui éclairent nos nuits les plus sombres ».

    Pour conclure, cette réflexion m’a permis de mieux comprendre l’importance de cultiver la bienveillance et l’authenticité en soi, tout en se protégeant des influences néfastes. À l’image des champs où cohabitent le bon grain et l’ivraie, il est crucial de distinguer ce qui nourrit notre âme de ce qui l’empoisonne. La quête de discernement et de sérénité m’a conduit à privilégier des relations qui élèvent, guidé par la lumière des valeurs partagées. Ainsi, je poursuis mon apprentissage à voir le monde sous un nouvel angle, guidé par la sagesse et la profondeur de ces méditations.

  • Le bon grain et l’ivraie / Mon premier livre édité

    Je tiens enfin entre mes mains le livre que j’ai écrit. C’est un véritable bonheur de voir mon travail concrétisé et de pouvoir partager ce moment exceptionnel. C’est un moment que j’attendais avec impatience, et je suis comblé de fierté et de joie !

    Lorsque j’ai commencé à écrire, j’avais des doutes. Je me demandais si j’avais quelque chose d’assez important ou intéressant à dire. Mais au fil des pages, j’ai découvert la valeur de mes souvenirs, la richesse de mes expériences et  surtout l’importance de les transmettre.

    Écrire fut pour moi une très belle thérapie, un moyen de me libérer de mes fardeaux intérieurs, de donner un sens à mes sentiments, et de trouver une paix intérieure que je ne croyais pas possible.

    C’est pour ces raisons que je vous invite à prendre votre plume pour ne pas laisser vos souvenirs s’évanouir. En faisant cela, vous offrirez à vos proches un héritage inestimable et vous assurerez que vos récits perdureront bien au-delà de votre vie.

    Beaucoup hésitent à raconter leur histoire, doutant de leur capacité ou craignant de ne pas réussir. Commencez simplement par écrire quelques souvenirs, sans vous soucier de la perfection. Écrivez avec votre cœur, et votre histoire touchera ceux qui la liront.

    Combien d’entre nous ont commencé à écrire pour ensuite abandonner, laissant nos idées en suspens et nos histoires inachevées dans un tiroir poussiéreux ?

    C’est pourquoi je souhaite vous encourager à envisager l’accompagnement d’un coach en écriture, tel que Franck Le Coz que vous pouvez trouver sur le site « Ô Fil Des Mots » (https://www.ofildesmots.fr). En travaillant avec Franck, vous bénéficierez d’un soutien personnalisé pour donner forme à vos souvenirs et créer un récit authentique.

  • Je suis là, avec toi.

    La vie, avec sa beauté inégalée, porte également en elle des épreuves sombres, des décisions douloureuses à prendre et des réalités cruelles à affronter. J’ai déjà mentionné cette date fatidique, celle où les médecins ont diagnostiqué chez mon épouse un cancer du poumon accompagné de métastases cérébrales : le 14 septembre 2020.

    Evelyne a toujours brillé d’une lumière d’espoir avec une pugnacité que je n’aurais jamais imaginée. Sa capacité à sourire malgré la douleur est une lueur d’espoir, rappelant que celui-ci persiste même dans les moments les plus sombres

    Evelyne prend environ vingt médicaments chaque jour pour traiter différents symptômes, comme des crises d’épilepsie, de l’anxiété, des vertiges et des douleurs. Malgré ces traitements, sa qualité de vie continue de se détériorer de manière significative.

    La progression de sa maladie lui cause des souffrances morales insoutenables, elle se sent de plus en plus inutile et n’a plus la force de continuer à lutter contre la maladie et il m’est extrêmement douloureux de la voir dans cet état. Ses douleurs et son épuisement mental sont tels qu’elle envisage de mettre fin à ses jour. Elle m’a exprimé son désir d’en finir de manière paisible et sans souffrir davantage. Elle m’a demandé de l’aider dans cette démarche, mais il m’est bien évidemment impossible de le faire. Cependant, je comprends profondément son désir de mettre un terme à ses souffrances.

    Quatre mois d’attente pour avoir un rendez vous dans un centre spécialisé en Médecine physique et réadaptation pour personnes atteintes d’affections du système nerveux. Nous y avons rencontré un neurologue dans l’espoir de faire hospitaliser Evelyne afin de l’assister dans son quotidien et de me soulager de mes responsabilités journalières. Malheureusement, il n’y a pas de lit disponible avant quelques mois pour l’accueillir. Cette nouvelle a été une grande déception pour nous deux, révélant une fois de plus les failles de notre système de santé.

    Le manque de disponibilité et de soutien adaptés pour les aidants peut avoir des conséquences très lourdes. Les aidants se retrouvent souvent submergés, sans les ressources nécessaires pour gérer la situation de manière appropriée. 

    Pour mieux comprendre cette réalité, je vous invite à relire mon article précédent intitulé ‘Trouver l’équilibre’. Il aborde les défis et les stratégies pour soutenir nos proches tout en maintenant notre propre stabilité

  • Aller plus loin

    Depuis mes premiers pas dans la vie, j’ai toujours été guidé par une soif insatiable de découvrir, d’apprendre et de m’adapter aux circonstances changeantes qui jalonnent notre existence. Je crois fermement en la valeur des opportunités qui se présentent à nous et en notre capacité à les saisir pleinement. C’est ainsi que j’ai toujours envisagé ma propre évolution, en embrassant les défis qui se dressent sur mon chemin et en faisant de chaque expérience une occasion d’apprentissage.

    Pourtant, malgré cette volonté inébranlable de progresser, je me suis souvent senti entravé par les limites imposées par les conventions et les attentes sociales. L’image du moule étroit dans lequel on tente parfois de nous enfermer résonne particulièrement en moi. Tel un costume trop étroit, il restreint nos mouvements et étouffe notre potentiel. Cette métaphore m’a toujours poussé à chercher des voies alternatives, à explorer des horizons nouveaux et à défier les normes établies. 

    Ainsi, chaque fois que j’ai senti les contours du moule se resserrer autour de moi, j’ai redoublé d’efforts pour m’en échapper, pour repousser les limites et pour tracer ma propre voie. Cette quête de liberté et d’authenticité a guidé chacune de mes décisions, qu’il s’agisse de choix professionnels ou personnels.

    Je suis convaincu que c’est dans cette capacité à explorer de nouvelles voies, à repousser les limites et à embrasser le changement que réside ma véritable force. En m’adaptant constamment à de nouvelles situations, en apprenant de mes échecs comme de mes succès, je me suis construit une identité résolument tournée vers l’avenir, prêt à affronter les défis avec confiance et détermination.

    Mon engagement envers l’adaptabilité et l’ouverture aux opportunités reste intact malgré mon âge. Je suis prêt à poursuivre cette quête inlassable de croissance et d’épanouissement tout en restant fidèle à mes valeurs.

    J’ai rencontré des gens qui m’ont beaucoup appris. Maintenant, je souhaite faire part de mon expérience et mes connaissances car je crois fermement en l’importance de l’échange et du partage.

  • Une pierre, puis une autre.

    La découverte du monde de l’édition a été une expérience inédite pour moi, ce qui a rendu mon choix d’autant plus difficile. Après avoir signé le contrat, j’ai ressenti une sensation comparable à celle de sauter dans le vide, pétrifié par ce qui allait suivre, me sentant totalement démuni et doutant même si j’avais fait le bon choix d’éditeur.

    Cependant, cette appréhension s’est rapidement dissipée grâce aux échanges téléphoniques et à leur accompagnement. Ils m’ont plongé dans le vif du sujet en me demandant un résumé de l’ouvrage en quelques lignes, suivi d’une présentation de l’auteur. Il est surprenant de constater à quel point il est difficile de parler de soi, surtout que ce n’est pas quelque chose que j’aime faire. 

    De plus, ils m’ont demandés si je désirais afficher mon visage en quatrième de couverture. Cette interrogation m’a fait sourire et réfléchir car choisir la photo parfaite a été un moment de réflexion sur l’image que je souhaite transmettre.

    Enfin, l’aspect peut-être le plus personnel, c’est la rédaction des dédicaces et des remerciements. Cet espace est dédié à ceux qui ont inspiré, soutenu et cru en mon projet.

    Ces étapes, m’ont également permis de réaliser à quel point chaque détail compte dans la création d’un livre. Elles sont les pierres angulaires de la publication qui assurent que le livre soit le meilleur possible. 

    C’est véritablement le couronnement de nombreuses heures passées à écrire, réécrire, et peaufiner chaque mot, chaque phrase, chaque chapitre. Voir son projet prendre forme, anticiper le moment où l’on pourra enfin tenir son propre livre entre ses mains, représente une expérience incroyablement gratifiante sur le plan personnel

    Je suis en attente du retour de l’éditeur pour présenter le projet de mon livre afin qu’il soit validé avant l’édition. Je suis impatient de partager le résultat final avec vous et espère que vous serez là pour le découvrir.

  • Rêver et y croire

    Quand j’ai commencé à écrire, je rêvais. Je rêvais de lire, un jour, mes mots sur la page d’un livre. Jamais, je n’aurai imaginé qu’un éditeur puisse s’intéresser à mon travail. Au terme de ma démarche, j’ai tout de même osé. j’ai envoyé mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition, dans l’espoir de trouver un partenaire pour la publication de mon livre.

    Quelques semaines après avoir envoyé mon manuscrit, j’ai commencé à recevoir des réponses. Les avis variaient entre des refus pour publication et des commentaires extrêmement favorables. Parmi ces retours, un message en particulier m’a profondément touché, Je cite : « Vous nous livrez une autobiographie inspirante et introspective, qui va au-delà du simple récit de vie pour explorer les thèmes universels de la quête de sens et de l’humanité. Vous partagez avec authenticité vos expériences, invitant le lecteur à une réflexion profonde sur votre propre existence. Ce livre promet d’être un hymne à la vie, mêlant sagesse et émotions pour encourager espoir et résilience »

    Réaliser que mes écrits ont pu inspirer de telles réflexions est quelque chose d’extraordinaire et presque irréelle pour moi. J’ai été submergé par un mélange de joie profonde, de reconnaissance, et de sentiment d’approbation pour mon travail.

    Même si cela pouvait sembler surréaliste au début, c’était une étape excitante et déconcertante, car elle marquait le début d’un voyage vers la réalisation de mon rêve, celui d’être publié. Je me suis laissé porter par cette expérience, même si elle semblait difficile à croire.

    En signant un contrat à compte d’éditeur, je sens avoir franchi un nouveau palier qui mène à la réalisation de mon rêve  que je partagerais avec joie et avec vous dans mon prochain article !

  • Juste un grain

    J’ai choisi de partager mon histoire à travers un livre, Le Bon Grain et l’Ivraie. Je crois profondément que les expériences que nous traversons, bonnes ou mauvaises, façonnent non seulement qui nous sommes, mais ont également le pouvoir d’inspirer et de guider les autres.

    Né dans une petite commune rurale du Gâtinais, ma vie a été une succession d’expériences variées et riches. D’agriculteur à conseiller en gestion patrimoniale, en passant par chauffeur routier et entrepreneur, chaque métier m’a enseigné des leçons précieuses sur la vie, le travail et la résilience humaine. Cependant, le voyage n’a pas manqué de défis. Des épreuves professionnelles aux dilemmes familiaux, chaque obstacle m’a poussé à me réinventer.

    Le Bon Grain et l’Ivraie n’est pas juste un récit autobiographique, c’est le reflet de ma quête incessante de sens et de vérité dans un monde en perpétuel changement. À travers ces pages, j’ai tenté de condenser les expériences marquantes, en filtrant les leçons les plus précieuses, afin de semer des graines de sagesse et d’inspiration chez les lecteurs. La famille, l’amour, la perte, le pardon et la redécouverte de soi sont des thèmes universels que j’ai abordés avec sincérité et vulnérabilité. J’ai voulu montrer que, malgré les tempêtes, nous avons tous en nous la force de surmonter les adversités et de cultiver un jardin d’espoir et de renouveau.

    Ce livre est le témoignage de ma vie dédiée à la quête de l’authenticité et de la croissance personnelle. En partageant mon parcours, je souhaite encourager chacun à embrasser pleinement son propre voyage, avec toutes ses complexités et ses beautés, car dans le vaste tableau de la vie, chaque élément, même le plus modeste, a sa place et son importance.

  • Joseph

    Il luttait en silence contre ses propres démons intérieurs. Le 17 mars 1987, Joseph a pris la décision tragique de mettre fin à ses jours. Il était agriculteur, un homme courageux dévoué à sa famille et à ses terres, il avait l’âge de mon père, et sa mort nous a tous profondément bouleversés. Il faisait parti de mon quotidien car il travaillait avec mon père et moi, nous partagions le matériel agricole et notre main d’oeuvre était commune. C’était un ami et nous étions ensemble la veille de son décès.

    Cette nouvelle m’a frappé de plein fouet, comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Un mélange chaotique de tristesse, de colère, de chagrin, de confusion et de regret s’est emparé de moi. Je me demande si j’aurais pu faire quelque chose pour éviter cette tragédie, reconnaître les signes avant-coureurs, être là d’une manière ou d’une autre et lui offrir le soutien dont il avait besoin.

    Ensuite, il y avait la confusion, essayant de comprendre ce qui l’avait conduit à prendre une telle décision. Des questions tournaient dans ma tête sans réponse, et je me sentais impuissant face à la douleur qu’il devait avoir ressentie pour en arriver là. Certains ont considéré son geste comme de la lâcheté, mais pour moi c’était une libération. Il est difficile de juger son choix sans avoir vécu sa souffrance.

    Parfois, ces questions restent sans réponse, et nous sommes laissés avec un sentiment de vide et d’incompréhension. Il faut se rappeler que nous sommes là les uns pour les autres, pour nous soutenir, pour nous écouter et pour nous rappeler que, même au milieu de la tourmente, il y a de la lumière et de l’espoir. 

    Depuis le 1er octobre 2021, un centre national d’appel 3114 a été mis en place. C’est un service dédié à offrir un soutien crucial à ceux qui luttent avec des pensées suicidaires ou des sentiments de désespoir. Les personnes qui y travaillent sont formées pour fournir un soutien émotionnel et des conseils dans les moments les plus sombres. Ils sont là pour aider à traverser ces moments difficiles et à trouver des solutions.

    Je tiens à souligner que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un acte de courage. 

  • Trouver l’équilibre

    Depuis que mon épouse Evelyne a été diagnostiquée d’un cancer du poumon avec des métastases cérébrales en septembre 2020, notre vie a pris un tournant inattendu et difficile, un changement radical dans nos plans et perspectives d’avenir. Nous avons dû reconsidérer nos priorités, sachant que sa santé nécessite une attention particulière et un soutien constant.

    Accepter la réalité de cette maladie a représenté une épreuve déchirante, un combat intérieur entre le désir de nier la gravité de la situation et la nécessité de faire face à la vérité. Les questions se sont bousculées dans ma tête, les incertitudes et la culpabilité m’ont envahi, me faisant douter de mes propres actions et réactions.

    Prendre du recul pour mieux comprendre, mieux accompagner, mieux gérer les émotions a été une leçon de vie quotidienne et douloureuse. Ce recul sur la maladie a été primordial pour préserver ma propre santé mentale et émotionnelle, mais aussi de demeurer fort pour être le pilier sur lequel Evelyne pouvait s’appuyer. Aujourd’hui, je peux dire que chaque larme versée, chaque sourire contraint, chaque pas hésitant a contribué à forger la force et la détermination qui m’animent.

    En tant qu’aidant, j’essaie de concilier mes responsabilités professionnelles avec le besoin constant d’être présent à ses côtés. Cela requiert une organisation rigoureuse et flexible, car les imprévus liés à sa santé peuvent surgir à tout moment. Malgré mes efforts pour jongler entre les rendez-vous médicaux, les traitements et les tâches quotidiennes, je me sens parfois dépassé par le stress et l’épuisement émotionnel.

    C’est pourquoi je pratique régulièrement le padel. Au-delà de l’aspect physique, ces séances de sport me procurent un souffle de vitalité, un regain de confiance en moi et surtout des ressources précieuses pour affronter les défis du quotidien.
    De plus, aller au bureau et retrouver mes collègues m’offre une bouffée d’air frais, me permettant de m’évader du quotidien et de bénéficier du soutien et de la camaraderie de mon environnement professionnel

    Trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et mon rôle d’aidant s’avère être un défi constant, qui me confronte à des choix difficiles et à des compromis à faire.

  • Réalités agricoles

    En tant qu’ancien agriculteur, je suis un allié dans cette lutte pour la justice et la dignité pour tous les agriculteurs. Cette rébellion est légitime et nécessaire pour défendre leurs droits et leurs avenirs. Ils sont le pilier de notre société, confrontés à des obstacles insurmontables, à des réglementations oppressives et des prix injustes.

    Cette crise, à mon humble avis, est intensifiée par plusieurs facteurs, notamment le manque de soutien de la part de diverses entités censées accompagner et soutenir les agriculteurs.

    Les Chambres d’agriculture, créées en 1924, établissements publics dirigés par des élus ne sont plus adaptés à l’orientation et les conseils prodigués car les agriculteurs sont devenus de véritables chefs d’entreprise. Malheureusement, j’ai constaté à maintes reprises que les conseils comptables et de gestion dispensés par cette institution manquaient souvent de pertinence et de réalisme.

    De plus, je ne peux m’empêcher de mentionner le rôle des institutions bancaires ayant des pratiques qui privilégient les intérêts financiers de la banque au détriment des besoins réels des agriculteurs.

    Enfin, il est nécessaire d’aborder la question de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et surtout de constater que malgré les bénéfices générés par cette institution, les agriculteurs ne bénéficient pas pleinement de ces ressources.

    Il est temps que les différentes institutions impliquées prennent leurs responsabilités et agissent dans l’intérêt véritable des agriculteurs. Sans cela, la crise continuera de sévir, mettant en péril non seulement les moyens de subsistance des agriculteurs, mais également la sécurité alimentaire de notre pays.

    Je sais que la vie d’agriculteur n’est pas exempte de défis et de sacrifices. Les longues heures de travail, les aléas climatiques, les difficultés économiques… Ce sont des réalités auxquelles j’ai dû faire face. 

    Aujourd’hui, alors que je regarde en arrière, je ressens une certaine nostalgie. La simplicité de la vie à la campagne, loin du tumulte de la vie moderne, me manque parfois. Tout cela me ramène à une époque où les choses semblaient plus simples et plus authentiques.

  • Avec le recul…

    En cette période de réflexion sur ma vie et mon éducation, notamment en ce qui concerne la conception du travail et du temps pour soi. À mon époque, la réussite sociale était souvent mesurée par la possession de biens matériels, tels qu’une belle voiture, une maison ou une situation financière prospère. Nous pensions que le travail acharné et le dévouement total étaient les clés du succès.

    Avec du recul, j’ai compris, que sacrifier son bien-être pour se consacrer uniquement au travail n’était pas une solution viable. Prendre le temps de me ressourcer, de prendre soin de moi et de cultiver mes passions est essentiel pour mon bien-être mental et physique.

    Ce constat m’amène a observer un contraste frappant entre deux de mes petites fille. La première est attirée par la superficialité et la surconsommation. Elle accorde beaucoup d’importance aux apparences, à la possession de biens matériels et à la recherche de gratifications immédiates. Pour elle, le bonheur est souvent associé à des éléments extérieurs et éphémères, ce qui la pousse à suivre des chemins superficiels et peu significatifs.

    De l’autre côté, nous avons Lilou dont la quête d’authenticité et de profondeur m’impressionne chaque jour. Elle cherche la vérité, la simplicité et la connexion émotionnelle avec son entourage et la nature. Elle privilégie les valeurs intérieures, la bienveillance, et la quête de sens dans tout ce qu’elle entreprend. Sa sincérité et sa pureté d’esprit illuminent mon quotidien et me rappellent l’importance de rester fidèle à soi-même.

    Je me trouve en totale adhésion avec la vision et les choix de vie de Lilou. Son authenticité, sa recherche de sens et sa connexion profonde avec ce qui l’entoure résonnent en moi et m’inspirent à cultiver davantage ces qualités en moi-même. Elle est un modèle de vérité et de simplicité, dans un monde parfois riche en artifices et en illusions.

    Cette dichotomie entre ces deux petites filles soulève des questions essentielles sur nos choix de vie, nos priorités et nos aspirations les plus profondes. Elle nous invite à réfléchir à la manière dont nous percevons le bonheur, la réussite et la signification de notre existence.

    La vie est précieuse, le temps file à toute vitesse et il est crucial de prendre soin de soi et de ses proches.