Il y a quelque chose d’assez étrange, et finalement assez amusant, dans le fait d’avoir écrit un livre et de se retrouver, presque sans l’avoir vraiment cherché, rangé dans cette catégorie qu’on appelle « auteur », comme si le mot s’était posé là pendant que je regardais ailleurs.
Parfois, presque par jeu et par simple curiosité, je tape mon nom sur Google pour voir ce qui apparaît, et voir surgir “Eric Hardy, auteur” me fait toujours sourire. Pas par orgueil, ni par besoin de reconnaissance, mais plutôt par ce léger décalage entre ce mot un peu officiel et la manière très simple dont tout cela est arrivé. Le terme est là, posé comme une évidence, alors que de l’intérieur l’histoire reste beaucoup plus ordinaire.
Car en réalité, je ne me suis pas assis un jour en me disant que j’allais écrire un livre. Il n’y a pas eu de décision nette, pas de plan, pas de moment précis que je pourrais dater. Il y a simplement eu un moment où ne pas écrire est devenu plus inconfortable que de s’y mettre. Et aujourd’hui, tandis qu’un deuxième livre touche presque à sa fin, je me rends compte que je ne me suis toujours pas décidé à devenir quoi que ce soit.
Et c’est sans doute pour cela que je souris encore lorsque je vois ce mot apparaître quelque part.
Parce qu’écrire un livre est une chose sérieuse, évidemment. On y met du temps, de l’attention, parfois des doutes, et toujours une part de soi, avant de le laisser partir faire son chemin.
Mais ce n’est pas une raison pour se prendre au sérieux.
À croire que Google l’avait compris avant moi.



















































