Je n’ai pas le sentiment d’avoir été jugé, bien au contraire, car j’ai le plus souvent reçu de la bienveillance, de l’écoute et parfois même des marques de soutien qui m’ont porté plus que je ne saurais le dire.
Et pourtant, il me semble important d’écrire ces lignes, non pas pour répondre à un reproche qui n’a pas été formulé, mais pour m’adresser à ceux qui, peut-être, ont pensé certaines choses sans les dire, par pudeur, par respect ou par difficulté à trouver les mots justes.
Quand on accompagne quelqu’un dans la maladie, on ne fait pas ce qui serait idéal dans l’absolu, on fait ce qui est possible, à un instant donné, avec l’énergie que l’on a, avec les informations dont on dispose et avec ce que l’on est capable de porter émotionnellement.
Avec le recul, certaines décisions peuvent sembler simples, presque évidentes, mais dans le temps réel, lorsque tout se joue jour après jour, rien n’est aussi clair, et l’on avance souvent à tâtons, en ajustant sans cesse, en doutant beaucoup, tout en continuant malgré tout.
L’amour, dans ces moments-là, ne se prouve pas par des gestes spectaculaires ou des choix parfaits, mais par une présence constante, parfois discrète, parfois fatiguée, qui n’a pas besoin d’être visible pour être sincère.
Ce que j’ai fait pour Evelyne, je l’ai fait avec engagement, avec honnêteté et avec mes limites, sans chercher à être exemplaire, mais simplement à être là, du mieux possible, dans une situation qui ne laisse jamais vraiment de place aux certitudes.
Je n’écris pas pour être jugé ni pour être approuvé, mais pour déposer cela, simplement, en me disant que certaines expériences n’appellent ni commentaire ni interprétation, seulement une forme de respect, celui qui laisse chacun à sa place et les histoires là où elles ont été vécues.
