Oui, tout s’accélère. Le climat déraille, les terres se perdent, les fermes ferment, les jeunes s’éloignent. Et pourtant, il serait trop facile de conclure que tout est perdu, car ce n’est pas la fin de l’histoire, peut-être juste le moment d’en écrire une autre.

On pourrait imaginer un monde agricole moins grand mais plus vivant, moins dépendant mais plus relié, avec des fermes plus petites, plus nombreuses, plus diversifiées. Non pas des usines à ciel ouvert, mais des lieux de vie, capables de nourrir, de transmettre, d’accueillir, des lieux à échelle humaine, adaptés à leur territoire.

Ces petites exploitations, on les croit dépassées, pourtant elles pourraient suffire, suffire à nourrir un village, à créer du lien, à redonner du sens, à réconcilier l’agriculture avec la société, avec l’écologie, avec les humains.

On pourrait rêver d’une agriculture locale et enracinée, avec des circuits courts sans folklore, des produits simples et accessibles, des enfants qui découvrent la terre, des anciens qui transmettent un savoir, des jeunes qui choisissent de s’installer, non par obligation mais par conviction.

On pourrait aussi rêver d’un autre rythme, avec moins de pression, moins d’endettement, moins de normes absurdes, et davantage d’imagination, de biodiversité, de liberté, de l’espace pour les plantes oubliées, les espèces locales, les arbres, les haies, les mares, pour tout ce qui résiste au temps.

Il ne s’agit pas de revenir en arrière ni de tout changer, mais de penser autrement, de croire que ce qui est petit peut être solide, que ce qui est local peut être suffisant, que ce qui est humble peut être durable.

Rien ne changera dehors tant que nous resterons immobiles à l’intérieur.

Peut-être que cela commence ici, dans ce mouvement discret vers ce qui redevient possible.


4 réponses à « Trop tard pour attendre »

  1. Avatar de Franck LE COZ
    Franck LE COZ

    Toujours une aussi belle plume Eric, bravo !

    Tu as raison, l’agriculture n’est pas morte contrairement à ce que prétendent certains, elle doit juste changer de visage.

    Et passer ainsi de ces grandes exploitations inhumaines -où cohabitent des milliers d’animaux élevés dans des conditions déplorables à grand renfort d’hormones de croissance- à des fermes à taille humaine où le circuit court doit reprendre le dessus.

    C’est pour cela que je milite en faveur du cash pour régler nos courses de proximité, afin de redonner de l’oxygène à ces paysans que l’on fait crever par milliers.

    Et qu’enfin ils puissent vivre dignement de leur travail. Est-il normal aujourd’hui de voir des pauvres gens travailler comme des damnés pour toucher parfois moins que le montant d’un RSA mensuel alors que les plus gros s’engraissent sur les subventions distribuées par Bruxelles ?

    Encore merci pour ta contribution humaniste à un monde meilleur !

    Amicalement

    Franck

    J’aime

    1. Avatar de erichardy1962
      erichardy1962

      Redonner du sens, de la dignité et de l’humanité à nos terres, et à ceux qui les font vivre.

      Amicalement,

      J’aime

  2. Avatar de ngesystem
    ngesystem

    Éric c est revenir à ce que l on sa connu il y a hélas très longtemps avec des valeurs de vie on peut effectivement le faire avec les moyens d aujourd’hui

    aller chercher son lait son pain est à côté de chez soi recrée ce que l on a perdu

    la convivialité

    J’aime

    1. Avatar de erichardy1962
      erichardy1962

      Oui Bruno ! Revenir à ce qu’on a connu. Aller chercher son pain, son lait, échanger quelques mots avec celui qui les fait… Ce n’est pas grand-chose, et pourtant, ce sont de petites victoires, presque invisibles, mais précieuses. Des gestes oubliés qui, recréent du lien, de la chaleur humaine, une forme de présence.

      J’aimerais qu’on retrouve ça. Qu’on l’invente à nouveau, avec les moyens d’aujourd’hui et que la convivialité ne soit plus une exception, mais une habitude. 

      C’est peut-être un rêve, oui. Mais c’est un de ceux qu’on garde au creux de soi, comme une lumière qu’on n’éteint pas parce qu’il parle de ce qui compte vraiment.

      Aimé par 1 personne

Répondre à ngesystem Annuler la réponse.

En savoir plus sur Eric Hardy Auteur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture