On nous prĂ©sente le Mercosur comme une grande rĂ©ussite du commerce international, alors qu’en rĂ©alitĂ© cet accord met encore un peu plus en danger des agriculteurs dĂ©jĂ  au bord du gouffre. On leur impose toujours plus de normes, de rĂšgles environnementales et de charges, pendant qu’on ouvre grand nos frontiĂšres Ă  des produits venus de l’autre bout du monde, issus de modĂšles agricoles qui n’ont rien Ă  voir avec le nĂŽtre. Ce n’est pas du commerce Ă©quitable, c’est une mise en concurrence destructrice.

On demande aux producteurs français d’ĂȘtre irrĂ©prochables, mais on importe massivement de la viande, du soja ou des cĂ©rĂ©ales cultivĂ©s avec des produits interdits chez nous, dans des exploitations gĂ©antes oĂč la main-d’Ɠuvre est sous-payĂ©e et les contrĂŽles quasi inexistants. Ces produits traversent la planĂšte sans que personne ne s’inquiĂšte vraiment de leur impact Ă©cologique. On reproche aux agriculteurs français leur empreinte carbone, tout en encourageant des importations qui parcourent des milliers de kilomĂštres.

Il y a aussi une hypocrisie collective qu’il faut regarder en face. Beaucoup disent aimer le local et la qualitĂ©, mais continuent Ă  privilĂ©gier quelques centimes d’économie au moment de passer Ă  la caisse. On ne peut pas dire soutenir l’agriculture française et remplir son panier avec des produits importĂ©s qui dĂ©truisent nos fermes.

Pendant le COVID, on Ă©tait pourtant bien contents de les trouver. Bien contents de compter sur eux quand les rayons se vidaient et que les frontiĂšres se fermaient. On parlait alors de souverainetĂ© alimentaire, d’agriculture de proximitĂ© et de circuits courts. Puis la crise passĂ©e, on est revenus Ă  nos habitudes, comme si ces agriculteurs n’avaient Ă©tĂ© qu’une solution provisoire.

Les agriculteurs n’ont plus le temps d’attendre que les dĂ©cisions viennent d’en haut. L’Etat, Bruxelles ou la grande distribution ne changeront pas un systĂšme qui profite aux plus puissants. La reprise en main doit venir du terrain, par la vente directe, la transformation locale, les marchĂ©s et les magasins de producteurs. La valeur doit revenir Ă  ceux qui travaillent.

Et nous, consommateurs, avons un pouvoir immense. Acheter local, payer un prix juste, refuser ce modùle absurde qui fait venir de l’autre bout du monde ce que nos agriculteurs produisent ici. À nous de montrer que nous voulons que nos agriculteurs puissent vivre de leur travail.

Si c’est une utopie, alors je choisis de la dĂ©fendre. Parce qu’elle montre qu’un autre chemin est encore possible.

2 rĂ©ponses Ă  « On tue nos campagnes. »

  1. Avatar de babetteserodine
    babetteserodine

    C’est la rĂ©alitĂ© je suis entiĂšrement d’accord avec toi C’est terrible de voir que les gens ne comprennent pas que la grande distribution les leurrent et surtout les empoisonnent.

    GoĂ»ter une vraie tomate bio poussĂ©e dans un champ et ils comprendraient que c’est plus possible d’en manger une en provenance d’ailleurs. Trop de pesticides et surtout aucun goĂ»t. De plus uniquement en saison et pas toute l’annĂ©e.

    Quel courage il a fallu à toutes ces agricultrices et agriculteurs pour venir une fois de plus dire leur colùre 😠.

    J’ai toujours l’impression qu’on les entend mais que jamais on ne les Ă©coute…

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  2. Avatar de Franck LE COZ
    Franck LE COZ

    Un « Serment d’Hypocrite », c’est ce pacte que l’on a scellĂ© depuis de nombreuses annĂ©es avec nos agriculteurs français, une honte.

    La PAC, le MERCOSUR et toutes ces mesures mortifĂšres ont signĂ© l’arrĂȘt de mort de notre plus grande richesse que sont nos paysans, ceux qui nous nourrissent et que nos gouvernements successifs ont tuĂ© Ă  petit jeu, je pense Ă©galement Ă  nos marins pĂȘcheurs et nos maraichers qui subissent le mĂȘme sort et dont on parle peu …

    Les pesticides tuent tous les jours ceux qui produisent et ceux qui se nourrissent de leur production. C’est un vĂ©ritable scandale qui n’Ă©meut guĂšre une classe politique confortablement installĂ©e sous les ors de la RĂ©publique.

    Quand allons-nous réagir ?

    Trop tard disent dĂ©jĂ  certains … Mais je pense qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, comme retirer du cash des banques et faire fonctionner notre Ă©conomie locale avec des billets et des piĂšces plutĂŽt que tout payer avec un tĂ©lĂ©phone ou une CB.

    De notre cĂŽtĂ© dans les Landes, nous n’achetons plus aucun fruits et lĂ©gumes ou encore viandes et oeufs dans la grande distribution qui sont les assassins du monde agricole avec des pratiques qui frisent la maltraitance humaine.

    ArrĂȘtons de payer notre baguette de pain avec notre smartphone et recyclons tout cet argent auprĂšs des petits producteurs locaux qui se lĂšvent tĂŽt le matin pour nous apporter des produits de qualitĂ©.

    Amicalement

    Franck

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Au fil de ces articles, j’aborde des sujets qui nous concernent tous Ă  un moment de notre vie, les relations humaines, les aidants, le vieillissement, le deuil, la solitude, la famille, mais aussi ces petits instants du quotidien qui nous invitent Ă  voir les choses autrement.

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