Pendant longtemps, la solitude m’a effrayé. Comme beaucoup, je l’associais au vide et à l’absence.
Je vis désormais seul. Mon deuil suit son chemin, avec ses jours plus légers et ceux qui le sont un peu moins. Il m’arrive encore d’être surpris par une émotion, un souvenir ou un manque qui se fait davantage sentir. Mais je les traverse désormais avec plus de sérénité.
Lorsque mon petit-fils Maylan me demande « Elle est où, mamie ? », je prends le temps de lui parler d’elle. Il n’avait que deux ans et demi lorsqu’elle nous a quittés. À travers mes souvenirs, j’essaie de lui transmettre un peu de ce qu’elle était, pour qu’il puisse grandir en gardant une place pour elle dans son cœur.
Longtemps, j’ai cru que la solitude était une épreuve. Je découvre qu’elle est devenue une chance, voire une alliée.
Nous remplissons nos journées, nous recherchons sans cesse la présence des autres, comme si le silence révélait forcément un manque. Pourtant, la solitude agit comme un miroir. Elle nous invite à mieux nous connaître et, peut-être, à nous accepter tels que nous sommes.
Je n’éprouve aujourd’hui aucune envie de reconstruire une vie de couple. J’apprends à vivre avec moi-même, à apprécier le silence, à organiser mes journées selon mes envies et à redécouvrir une autre forme de liberté.
Faire la paix avec soi-même, c’est accepter que notre histoire nous ait façonnés sans pour autant la laisser dicter ce qu’il nous reste à vivre. C’est reconnaître nos fragilités sans qu’elles deviennent un frein et comprendre que notre bonheur ne dépend pas uniquement du regard ou de la présence des autres.
Aimer la solitude ne signifie pas aimer être seul. Cela signifie avoir suffisamment apprivoisé sa propre compagnie pour que le silence ne fasse plus peur.
Et c’est peut-être seulement à ce moment-là que nous devenons véritablement libres. Les autres ne sont plus là pour combler un vide, mais pour partager avec nous des moments de vie.







Laisser un commentaire