J’ai récemment entendu un discours venu d’Afrique qui m’a interpellé. Une phrase, en particulier, est restée dans ma tête : « Nos pays deviennent trop chers pour leurs propres citoyens. » En l’écoutant, je me suis demandé si cette réflexion, qui semblait concerner d’autres réalités que la nôtre, ne pouvait finalement pas nous parler à nous aussi, ici en France.
Beaucoup d’entre nous ont travaillé toute leur vie, payé leurs impôts et essayé de construire quelque chose. Pourtant, pour beaucoup de Français, vivre normalement devient de plus en plus difficile. Se loger, faire ses courses, se chauffer, se déplacer, se soigner ou même assurer son logement coûtent aujourd’hui de plus en plus cher. Pour beaucoup de familles, ces dépenses deviennent difficiles à supporter.
Pour les jeunes, accéder à la propriété devient difficile sans un coup de pouce financier de leurs proches. Pour les familles comme pour les retraités, ce sont parfois des projets qui sont abandonnés, des loisirs auxquels on renonce ou des choix que l’on doit faire pour préserver l’essentiel. À force de devoir choisir, ce qui devrait être normal devient peu à peu un privilège.
Pendant ce temps, on demande à chacun de faire des efforts, de travailler davantage, de réduire certaines dépenses et d’accepter de nouvelles contraintes. Et forcément, une question finit par se poser. Comment accepter ces sacrifices lorsque l’on demande de faire des économies, alors que l’argent public est dépensé sans compter ?
On nous demande souvent de regarder ailleurs, de nous comparer à d’autres pays et de relativiser notre situation. Mais avant de regarder ce qui se passe chez les autres, peut-être faudrait-il commencer par regarder ce qui se passe chez nous.
On demande aux Français de faire des économies. Peut-être serait-il temps que ceux qui dépensent notre argent commencent par montrer l’exemple.







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