En relisant ce que j’avais écrit pendant la maladie d’Evelyne, je retrouve notre quotidien et la manière dont il s’est peu à peu transformé.
Au début, on faisait encore les courses ensemble, on parlait de tout et de rien, on essayait de profiter des journées comme avant. Puis les rendez-vous médicaux ont pris une place de plus en plus importante. Il fallait s’organiser, attendre les résultats, prendre des décisions et parfois encaisser des nouvelles auxquelles on n’était pas préparés.
Je me souviens de Deauville où on était partis quelques jours pour s’éloigner des hôpitaux. On avait essayé de profiter de ces quelques jours, jusqu’à cet appel du neurochirurgien qui nous a annoncé que les tumeurs n’étaient pas opérables. En quelques minutes, on était revenus à la réalité.
Quand Evelyne a perdu ses cheveux, elle a eu du mal à se reconnaître dans le miroir. Un jour, elle m’a demandé si je la voyais encore. Je crois qu’elle voulait savoir si, malgré les changements de son corps, mon regard sur elle avait changé.
Puis certaines habitudes ont disparu, sans qu’on décide vraiment de les abandonner. Des petits moments de notre quotidien ont laissé leur place à d’autres préoccupations.
En écrivant Présences, j’ai voulu parler aussi de ce dont on parle peu, des peurs, de la fatigue, des doutes, des changements dans le couple et de tout ce que la maladie peut provoquer. Des choses que beaucoup vivent sans oser en parler.
Je voulais que rien de ce que nous avons vécu ne soit laissé de côté.







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